
Chapitre
IX - L'énigme du tyranosaure

La
séance se poursuivit une bonne partie de la soirée.
Les questions fusaient de toutes parts, chacun étant avide
d'avoir des réponses. Watson, visiblement
insatisfait, aurait aimé récolter plus d'indices sur
le tombeau. Il en était de même pour Sherlock. C'est
alors que Sir Arthur, à l'étonnement général,
se leva pour annoncer la pause-café.
Sir
Arthur: Mes chers amis, des beignes
et du café vous attendent
au fond de la salle. Nous reprendrons la séance dans une demi-heure.
Watson se tourna vers Anouar
El Sadate pour lui demander...
Watson: Est-ce normal que nous fassions
une pause en plein milieu d'une séance?
Anouar
El Sadate: Habituel ce n'est
pas mais dans la possibilité des
choses cela demeure.
Watson: ?!?
Sherlock: Mais les canaux Sir Arthur? Que faire des canaux pendant
ce temps? Vont-ils demeurer ouverts?
Sir
Arthur: Ne vous en faites pas,
nous allons jeter l'ancre. De toute façon il y a assez de médium ici pour rétablir
la communication si besoin est.
Sherlock
se leva rassuré et se dirigea aussitôt vers
Watson qui lui, de son côté, se frotta la rotule avec
vigueur. Ma vieille blessure de guerre songea-t-il, moi qui croyais
reprendre contact avec mon papa et ma maman, il n'en était
rien, ah la vie nous réserve bien des surprises!
Sherlock: Alors Watson, comment trouvez-vous
la soirée? Pas
trop mal aux genoux?
Watson: J'ai le ménisque qui me siphonne l'énergie
alors une petite pause de l'assemblée nationale ne sera pas
de trop. Mais vous avez vu ce qu'il nous a répondu pour le
tombeau?
Sherlock: Ouais
c'est pas trop précis comme indices pour
trouver un tombeau. Ça ne vaut pas mieux que des conseils de jardinage
si vous voulez mon avis. Bof! Cassez-vous pas l'cigare avec ça
Watson. Ce n'était pas le but de notre présence ici.
Amusons-nous plutôt.
Watson: Vous avez raison, alors allons-nous manger ce beigne cher
ami?
De
ce pas, ils se dirigèrent vers le fond de la salle, suivant
le groupe, pendant que Rabot, Rampa et Grigorelle restaient plantés
comme des piquets d'église toujours connectés avec l'au-delà.
Après
avoir dégusté un bon beigne accompagné d'un
excellent café, ayant discuté avec les beignes de la place,
nos invités reprirent leurs places respectives. Ce ne fût
pas long pour reprendre la connection avec l'au-delà puisque
nos canaux étaient restés ouverts tout ce temps.
Sir
Arthur: Êtes-vous toujours
avec nous Nostra?
Rabot
Pacane (Nostradamus): Avant de vous quitter...
Sir
Arthur: Déjà ?!? Mais vous venez à peine
d'arriver.
Rabot
Pacane (Nostradamus): Vous
saurez mon cher, qu'ici dans l'au-delà,
le temps n'est pas le même que chez-vous. Nous fonctionnons à l'envers
car plus le temps est lent chez-vous, plus il est rapide ici et vice
et versa. De plus, votre non respect pour les esprits en allant faire
une pause et nous laissant poireauter sur le seuil de la porte
de l'astral, me fait prendre conscience que vous ne vous intéressez
pas réellement aux revenants. Alors, avant de vous quitter...
Watson: Encore
cette notion d'à l'envers, c'est une manie
ou quoi! Et si j'ai bien saisi votre théorie, alors que vous
trouviez le temps long chez-vous, nous ici, le temps était
plus rapide, c'est ça ?
Rabot
Pacane (Nostradamus): Laquais, fermez-vous et laissez-moi
parler... Avant de vous quitter...
Watson: Non
mais je veux savoir moi! Avez-vous trouvé la
pause-café plus rapide Sir Arthur?
Sir
Arthur: Euh...pas particulièrement, j'ai trouvé le
temps exactement comme il est, à la minute près!
Watson: Voilà, alors votre notion d'à l'envers, d'à l'endroit
ne tient pas la route très cher Damus. J'ai plutôt l'impression
que c'est d'à l'envie de partir que vous avez.
Rabot
Pacane (Nostradamus): Encore une fois laquais, fermez-vous
et laissez-moi parler... Avant de vous quitter...
Sir
Arthur: Mais non Nostra, ne nous quittez pas, nous voulons savoir.
Sherlock: Laissez-le partir...
Rabot
Pacane (Nostradamus): Est-ce que je peux placer un mot?
Rampa
Lobcène (Germaine Dugas): Moi je peux rester.
Grigorelle (
Possédé d'on
n'sait qui ): Moi itou !
Watson: Me faire traîter de laquais par un revenant ne m'enchante
guère. Quittez ce corps immédiatement! Ça c'est
du non respect pour le corps que vous habitez.
Sherlock: Calmez-vous Watson!
Rabot
Pacane (Nostradamus): LAISSEZ-MOI PARLER BON DIEU!!!
Sir
Arthur: Taisez-vous tout le monde, allez-y Nostra.
Rabot
Pacane (Nostradamus): Enfin,
avant de vous quitter, je voudrais vous retransmettre ces quelques
quatrains de mise en garde concernant
un prophète de votre époque, très médiatisé,
il se paie carrément votre poire si douce soit-elle.
Le grand gniochon barbu au chignon touffu
Plume blanches, roses ou blues
Pervertira et mettra pucelles à nues
Heureux qui loin sera passer aveux
La verge en mains mise au milieu de blanches
De l'onde il mouille entre les reins entre les pieds
De blanc vêtu, nu corps quand sa démange
Prendre son pied pis prend la porte acquitté...Click!
Watson: Click ?!?
Sherlock: End of transmission!
Claune
Voryon: Mais de qui parle-t-il au juste ?
Rabot
Pacane: Pffffffffffffffffff!
Fiou!.............Euh...bonsoir mes amis! Alors, on la commence
cette séance?
Sir
Arthur: Bon, il est parti définitivement et tout ce qu'il
nous a laissé c'est deux quatrains concernant un grand gniochon
barbu au chignon touffu.
Claune
Voryon: En tout cas c'est pas moi parce que je ne suis pas
grand.
Puisqu'ils
avaient perdu leur contact extra-tridimentionnel principal, l'ardeur
n'y était plus au sein du groupe. Il leur restait
bien Rampa qui était possédé de Germaine Dugas
et Grigorelle qui elle, était possédée d'on
ne sait qui! Mais pour eux, ce n'était d'aucun intérêt.
Cependant, Sir Arthur essaya de remettre les roues sur le rail en
interrogeant Germaine pour sauver la soirée étant
donné que la séance n'avait débutée que
quelques heures plus tôt.
Mais
Germaine n'avait pas grand-chose à dire sauf qu'elle
insistait beaucoup sur le fait qu'elle ne revenait de nul part et
ne s'en allait nul part. « Pas grand chose à en
tirer » avait lancé Sherlock. C'est alors que Sir Arthur
se tourna du côté de Grigorelle, mais elle était
redevenu muette, c'est donc dire qu'elle avait perdu son contact.
Alors Sir Arthur se leva...
Sir
Arthur: Mes amis, je crois que
s'en est fini pour cette année.
Dommage, car il y a dix ans, cela avait été plus fructueux
avec à notre bord des personnes de prestige comme, Edgar Lacaisse,
Antoinne de Saint-Exespérant, le philosophe Sacrote et sa
douce compagne.
Watson: J'ai toujours cru les séances de spititisme plus
captivantes, enfin! Nous avons vécu quelque chose d'extraordinaire.
Sir
Arthur: Je tiens à remercier notre hôte, le très
séduisant et charitable comte Dagobert pour son hospitalité.
Watson: C'est un trebogad, hihi!
Sir
Arthur: Un très beau gars?!?
Watson: Oui, puisque c'est à la mode d'être à l'envers,
alors trebogad, dagobert, trebogad, vous voyez la nuance?
Sir
Arthur: Oui, bon, alors on se
donne rendez-vous pour dans dix ans? Enfin, ceux qui seront encore
de ce monde, les autres, venez
nous payer une petite visite en revenant, question de rendre les
séances plus intéressantes.
Sur
cette invitation, après les salutations d'usage, le groupe
commença à se
disperser. En quittant la salle, Watson fit un détour du côté d'une
médium qui était à une table tout près
de la sortie. Il se tourna vers Sherlock qui le suivait et lui fit
signe de le suivre.
Sherlock: Mais que faite-vous Watson?
Watson: Venez Sherlock, je veux connaitre mon avenir.
La
Médium: Bonjour messieurs, mon nom est Derma
Glou et je peux vous dire tout ce que vous ne savez pas sur vous-mêmes.
Watson: C'est
moi qui désire
en connaître un peu plus sur ma personne. Je suis le Docteur Watson
et voici mon ami, Sherlock
Holmes.
Derma
Glou: Enchantée messieurs!
Je vois que votre aura est de couleur tangerine et je devine que
vous avez un trou dans votre
chaussette droite et que vous aimez bien y passer les orteils de
temps en temps.
Watson: Euh...pourriez-vous
parler de choses moins personnelles s'il vous plaît!
Derma
Glou: D'accord! Alors, vous
avez tendance à prendre
les choses trop au sérieux mais d'un autre côté,
vous avez un sens de l'humour incroyable. Vous êtes très
extraverti tout en étant très réservé.
Je dénote chez-vous, une faiblesse pour les femmes, mais tout
ceci est fait dans le respect le plus total. Sensible et dur à la
fois, vous êtes un homme honnête et vous vous investissez
dans vos relations amoureuses mais avez l'impression d'être
emprisonné par cet amour. Vous êtes fonceur dans la
vie mais parfois craintif devant celle-ci. Lorsqu'une tuile vous
tombe dessus, vous êtes démoli mais retombez rapidement
sur vos pieds.
Watson: Ah bon, c'est tout à fait moi ça, hein Sherlock?
Félicitation miss Glou, vous avez réussi à m'analyser
comme je suis. Merci beaucoup!
Derma
Glou: De rien et vous monsieur
Holmes, désirez-vous
une analyse de votre spectre?
Sherlock: Non,
sans façon! Allons-y Watson, retournons à l'hôtel!
Car j'en ai assez de toute cette fantaisie. Bonjour madame!
Watson: D'accord!
Tout
en se dirigeant vers la sortie du château, Watson avait l'impression
de flotter sur un nuage, perdu dans ses pensées.
Watson: Elle m'a bien analysé hein
?
Sherlock: Cela
ressemble à l'effet
Barnum ou effet
Forer.
Watson: L'effet Barnum?
Sherlock: Elle
vous dicte exactement ce que vous voulez entendre. Elle vous dit
une chose et aussi son
contraire alors impossible de
se tromper. C'est un peu comme si un météorologue nous
annonçait de la pluie, de la neige, du soleil et des nuages
pour le lendemain. C'est l'effet Barnum utilisé par les diseuses
de bonne aventure, et c'est comme ça depuis des lunes.
Watson: Ah bon! Donc, j'me suis fait duper?
Sherlock: Disons
que la seule qualité qu'elle a su détecter
en vous, c'est votre grande naïveté héhé !
Pour ça, chapeau, c'est vraiment une pro!
Watson: Merci beaucoup! C'est très
gentil venant de vous.
Sherlock: Bah!
Ne vous en faites pas cher ami, je vous taquine là !
Allez, rentrons à l'hôtel, il se fait tard.
Il
pleuvait à boire debout lorsqu'ils sortirent du château.
Un taxi les attendait et c'est ainsi qu'ils se rendirent au bar de
l'hôtel pour un dernier cognac, du moins pour Watson, puisque
Sherlock, mort de fatigue, se fit monter un lait chaud à sa
chambre et se glissa dans un lit douillet, tandis
que Watson, toujours accroché au bar, écoutait
Herbête Léonard qui se lamentait sur des musiques érotiques.
Watson: Et vous barman, que faites-vous dans la vie?
Le
Barman: Tout d'abord monsieur,
je ne suis pas Batman mais barman. Mais avant, j'étais capitaine
d'un navire japonais pendant la guerre 39-45. Le capitaine Ychi
Duoduma!
Watson: Vous avez dû en voir des atrocités du haut
de votre mât.
Ychi
Duoduma: J'ai vu ce que la guerre a fait de pire cher monsieur.
Watson: Et
comment êtes-vous
atterri ici, dans ce bar New-Yorkais?
Ychi
Duoduma: Un concours de circonstances
inhabituel m'a fait traverser le pacifique et les trois-quart
des Etâts-Unis à la
recherche d'un sabre japonais enfermé dans un mystérieux
tombeau, de Jolybodygorgeous, il me semble.
Watson: Le tombeau d'Azeybodygorgeous?
Ychi
Duoduma: Oui! C'est ça!
Watson: Et ben ça alors! Quelle coïncidence! Mon collègue
et moi cherchons le tombeau. Auriez-vous des indices?
Ychi
Duoduma: J'ai su que le sabre du grand shogun
Oraduku était
dans ce tombeau, mais le plus étonnant c'est qu'une
voyante du marché aux
puces de Madagascar m'a donné comme indices les mots suivants:
poire, banane, ananas, orange et carambole pour localiser le
sâbre.
Watson: Ah non! Pas encore cette salade!
Ychi
Duoduma: Pourquoi, vous avez
eu la même information?
Watson: C'est
que ce soir, lors d'une séance de spiritisme,
un revenant nous a énoncé à peu près
la même chose, sauf qu'au lieu de fruits, il s'agissait de
légumes.
Ychi
Duoduma: Et ces légumes, c'était
quoi?
Watson: Chou, laitue, carotte, tomate et champignon.
Ychi
Duoduma: Ah!
Watson: Voilà,
c'était pas grand chose, mon collègue
et moi n'y avons compris que dale, m'enfin, on cherche toujours.
Bon, je crois que je vais aller faire un roupillon, je suis exténué.
Ychi
Duoduma: Bonne nuit monsieur!
Watson: Bonne nuit!
*
Au
petit matin, nos gais lurons dormaient toujours à poings
fermés. La grasse matinée faisait bien l'affaire de
Watson, lui qui dans la vie, se levait toujours très tôt.
Mais ce matin là, il avait envie de dormir, paresser comme
dans son jeune temps où il courait la galipotte jusqu'aux
petites heures du matin. Éveillé mais toujours étendu
sur son lit, il se mit à songer à ses conquêtes
de jeunesse, son premier baiser, sa première fréquentation,
ses premiers ébats sexuels, sa première peine d'amour.
Sherlock: Watson?
Watson: Oui collègue!
Sherlock: J'ai
décidé qu'aujourd'hui avant de partir
pour Montréal, nous irons faire un tour du côté du
musée.
Watson: Ah
oui, et pour quelle raison précise devons-nous
faire un saut à cet endroit ?
Sherlock: Tout
simplement parce que selon les archéologues,
il y a une énigme concernant le tyranosaure. Et d'après
mon expertise, j'ai trouvé la solution à cette énigme.
Watson: Vous m'intéressez de plus en plus vous là.
Continuez !
Sherlock: Mais
avant, je dois donner un coup de fil à la
réception. Car hier soir pendant que vous étiez au
bar de l'hôtel, j'me suis permis de demander à l'hôtelier
de nous réserver des billets d'autobus pour Montréal.
Sherlock prit le combiné et signala le zéro pour entrer
en contact avec la réception.
Sherlock: La
réception s'il-vous-plait!
Après quelques instants d'attente
Sherlock: Oui
bonjour! Nous sommes dans la chambre 812 et hier soir, j'ai réservé
des billets d'autobus pour Montréal!...........Ah,
c'est déjà fait........bon...........oui.........hein
?......à quelle heure?................dans deux heures...........parfait!
Nous y serons!
Watson: Nous partons dans deux heures?
Sherlock: Exact,
alors oublions l'énigme du tyranosaure.
Nous y reviendrons dans un prochain bouquin. Nous avons très
peu de temps Watson, préparons-nous en vitesse.
Watson: Ah!
En passant, j'ai discuté avec le barman de l'hôtel
hier soir et vous ne devinerez jamais de quoi nous avons parlé.
Sherlock: Nous n'avons pas le temps pour les devinettes Watson.
Watson: Attendez,
attendez, c'est un japonais qui cherche un sabre caché dans
un tombeau, et c'est le même que le nôtre
cher ami.
Comme
un félin qui ne voulait
rien rater, d'un seul coup Sherlock se dressa sur ces pattes d'avant,
l'oreille tendue et la bouche entre-ouverte.
Sherlock: Avez-vous
amassé des indices supplémentaires?
Que vous a-t-il dit?
Watson: Poire,
banane, ananas, orange et carambole.
Sherlock: Donc,
si nous trouvons un pays ou poussent ces fruits et légumes,
nous approcherons de notre but. Nous devrions aller le voir ce
barman pour le questionner
davantage.
Sans plus tarder, nos deux héros se dirigèrent dès
lors vers le bar de l'hôtel mais il était vide. Personna
non gratta! ( Y avait personne qui se grattait ) Alors, il décidèrent
d'aller vers la réception.
Sherlock: Bonjour monsieur!
Commis: Bonjour! Puis-je vous aider?
Sherlock: Oui! Nous cherchons le barman.
Watson: Son nom est Ychi Duoduma!
Commis: Il
est parti très tôt ce matin et je crois
que la dernière personne à l'avoir vu, est le concièrge.
Sherlock: Et où peut-on le
trouver ?
Commis: Un
instant, je vais le rejoindre sur l'intercom! " ADÉPHONSE
LAPORTE, VOUS ÊTES DEMANDÉ À LA RÉCEPTION "
Quelques
instants plus tard, balai et chaudière en main
le concierge entra dans la réception avec fracas.
( Note de l'éditeur: Ça dû faire
mal? )
( Note de l'auteur: Quoi! )
( Note de l'éditeur: D'entrer dans la réception avec
fracas. )
( Note de l'auteur: Hum... )
Adéphonse Laporte: Vous m'avez appelé?
Commis: Oui, ces messieurs voudraient vous poser quelques questions.
Adéphonse Laporte: Bonjour
messieurs, que puis-je faire pour vous rendre service?
Sherlock: Nous aimerions entrer en contact avec le barman Ychi Duoduma.
Adéphonse Laporte: Ah! Il est parti très tôt
ce matin, il avait une urgence de dernière minute.
Sherlock: Et savez-vous où il
devait aller?
Adéphonse Laporte: Je crois
qu'il a dit qu'il s'en allait en Amazonie pour une affaire d'une
importance capitale.
Sherlock: C'est tout ce qu'il a dit?
Il n'a pas parlé d'un
tombeau ou d'un sabre?
Adéphonse Laporte: Non, c'est
tout ce que j'ai comme information.
Sherlock: Bien! Merci beaucoup et
nous nous excusons de vous avoir dérangé dans votre
travail.
Adéphonse Laporte: De rien!
Les
deux compères tournèrent les talons et se dirigèrent
aussitôt vers la sortie.
Watson: Qu'allons-nous faire? Devons-nous
changer nos plans? Aller en Amazonie au lieu du Québec?
Sherlock: Non, nous devons absolument
retrouver Hervé Cassoulet
avant toute chose et ensuite, nous verrons pour l'Amazonie. Le problème
est que nous enquêtons sur deux dossiers en même temps.
Retrouver Hervé et le tombeau.
*
Le
Montréal Express ne lésinait pas, il partit à l'heure
prévue et notre célèbre détective britannique
et son fidèle assistant avaient choisi l'arrière de
l'autocar. Bien installés dans des sièges capitonnés,
ils avaient une vue d'ensemble sur les passagers. Sherlock sortit
son tabac pour se tirer une bonne pipe tandis que Watson feuilletait
le guide touristique de Montréal. Dans combien de temps allons-nous
arriver à destination avait demandé Watson, et Sherlock
de répondre, selon les prévisions, nous serons à Montréal
vers sept heures trente ce soir. Donc, nous avons tout le temps de
faire une bonne sieste rajouta le docteur. Bien entendu, rajouta
Sherlock. Et qui devons-nous contacter à notre arrivée
rajouta le docteur. Lessard et Jetté rajouta Sherlock. Avez-vous
leurs coordonnées rajouta le docteur. Bien sûr rajouta
Sherlock. Et qui vous dit qu'ils seront disponibles rajouta le docteur.
Ce sont des gens fiables rajouta Sherlock. Mais encore, serons-nous
bien accueillis rajouta le docteur. Les canadiens sont très
accueillants rajouta Sherlock. Mais...
( Note de l'éditeur: C'est
fini oui? )
( Note de l'auteur: Ben quoi! )
( Note de l'éditeur: Ces " rajouta " au trois mots
! Vous n'allez pas me foutre le roman au complet sur une seule ligne
j'espère?)
( Note de l'auteur: Euh...Vous m'avez dit de couper dans le budget,
alors je coupe les retours à la ligne.)
( Note de l'éditeur: Je vous ai dit de couper les dépenses
inutiles, pas les espaces du roman, et qu'est-ce que c'est que ces
massages au deux jours? Si vous voulez vous faire frotter l'échine,
faites-le sur votre compte personnel, point!)
( Note de l'auteur: J'ai besoin de ces massages pour relaxer mon
corps physique, je suis trop tendu.)
( Note de l'éditeur: Je me fiche de votre condition physique,
tout ce qui m'intéresse c'est le roman, alors au boulot! )
( Note de l'auteur: D'accord! )
Quelques
heures plus tard et avec le roulement de tambour que les pneus
faisaient au contact de l'asphalte
bleue noircie par l'âge
et ses lignes transversales qui s'éloignaient de plus en plus
les unes des autres avec le temps ( mon Dieu que c'est bien dit!
), la plupart des passagers s'étaient endormis sauf deux mystérieux
personnages, visiblement, des hommes de théâtre qui
discutaient de façon prenante sur la vie.
Hamlet
Ozeu: ...un nectar onctueux
qui venait semble-t-il d'un mélange
douteux.
Othello
Dutoit: Est-ce pour cela mon vieux que vous avez l'air,
si on peut dire,...pompeux?
Hamlet
Ozeu: Aucunement cher monsieur
je parlais du cidre de corneille, ne vous en déplaise.
Othello
Dutoit: Certes, cela ne m'en
déplait pas aucunement
et j'en suis bien aise.
Hamlet
Ozeu: Alors avouez votre ignorance et vous n'en serez que
plus digne.
Othello
Dutoit: J'ignore et je poursuis.
Finalement qu'en est-il advenu de cette Aveline, cette nymphe timide
et réservée
que vous poursuiviez de vos ardeurs ou devrais-je plutôt dire
de vos raideurs?
Hamlet
Ozeu: Je jouais au théâtre et dès qu'elle
vit Macbeth elle fut séduite et tomba dans mon bastingage.
Othello
Dutoit: Je ne veux pas vous
amoindrir mais si elle avait vu ma bette elle l'aurait été davantage.
Hamlet
Ozeu: Qu'à cela ne tienne, dès qu'elle me verra à sa
percienne, la jeune pucelle sera mienne.
Othello
Dutoit: Certes, votre assurance
nous démontre que
vous n'avez pas l'apparence de la moyenne.
Hamlet
Ozeu: Jouez avec les mots
tant que vous voudrez, cela ne fait pas de vous un maître
de la courtise. Tandis que moi, le mot m'appuie quoi qu'on en dise.
Qu'en est-il de vous? Je me tu
vous le demande :-)
Othello
Dutoit: Vous saurez que moi
monsieur, j'ai interprété les
plus grands classiques de ce monde avec les plus grands de ce monde,
et pour y arriver, je fût tout disposé à ce qu'on
me défrise.
Hamlet
Ozeu: Des mots! Des mots! Des mots! Qui passent et qui s'envolent
mais qui ne laissent de traces que dans votre imaginaire.
Othello
Dutoit: Aucunement monsieur, aucunement. Certes, je suis
le meilleur de nous deux, cela est clair.
Hamlet
Ozeu: Votre ambition démesurée outrepasse votre
infime intelligence et la bassesse de vos insultes n'atteint pas
la hauteur de mon indifférence. Sur ce je vous tire ma révérence
car je dois me rendre au cabinet d'aisance, ce que vous devriez vous-même
faire afin d'évacuer votre arrogance.
Othello
Dutoit: C'est ça,
allez donc chier!
Sur
cette conversation des plus édifiantes et après
avoir suivi Hamlet Ozeu, Othello Dutoit se rendit lui aussi oter
l'eau de sa vessie et oter l'autre chose aussi.
Pendant ce temps, Watson et Sherlock
roupillaient comme des poupons. Quelques instants plus tard, le
bruit de la chasse derrière
eux éveilla Sherlock qui secoua Watson pour le sortir de son
sommeil. Il était comme à son habitude, perdu dans
ses rêves. L'autocar s'engagea sur le quai du terminus, ils étaient
enfin arrivés à destination.
*** Fin du chapitre IX ***
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