
Chapitre
XIV - In spécula spéculorum

Un procès n'est jamais une partie de plaisir
quoique... avec Sherlock et Watson, tout peut arriver et c'est exactement
ce qui arriva ce jour-là; tout.
Nos deux brillants détectives étaient arrivés
largement en avance au palais de justice, le temps d'enfiler leurs
toges, histoire de s'imprégner des lieux et de s'assurer que
le dossier était bien ficelé pour remporter cette victoire
d'une importance capitale, autant pour leur orgueil personnel que
pour sortir Hervé Cassoulet de cette impasse. Watson croulait
sous les dossiers, il avait en main tous les éléments
nécessaires à sa plaidoirie et quelques papillons dans
l'estomac. Le jour était venu pour lui, d'exercer ses talents
d'avocat, aidé par le soutien indéfaillible de son
ami Sherlock et il était confiant de réussir. Car oui,
avouons-le, le scribe des textes anciens était dans l'eau
bouillante simplement parce qu'il avait, si on peut dire d'une manière
imagée, trempé son biscuit dans la soupe won-ton de
Ball Debeling. En fait, s'il fréquentait d'une façon
assidue le restaurant chinois, ce n'était pas uniquement pour
les beaux yeux de Ball, quoique Ball avait de très beaux yeux
en amandes.
La salle d'audience était remplie à pleine capacité car
ce meurtre avait suscité énormément de spéculations.
Certaines mauvaises langues laissaient sous-entendre que le restaurant
n'était qu'une couverture, une façade derrière
laquelle se déroulaient des activités pas très
catholiques. On disait dans les salons qu'un réseau clandestin
de supra intellectuels fonctionnant au niveau du mental, secte méconnue
mais active, profitait de la naïveté du propriétaire
pour glisser en douce dans les fortune-cookies, des messages subliminaux
dans le but de manipuler dans tous les sens les esprits du bon peuple.
Les gens étaient très curieux de connaître le
dénouement de cette macabre affaire et d'en connaître
tous les dessous.
On désigna le juge I.Stanislas Dufaux, célèbre
pour sa droiture, son dégoût de la fausseté et
surtout pour sa réputation d'incorruptible. D'ailleurs il était
le digne fils de feu Yvon Brulé Dufaux, pompier de son métier,
un homme d'honneur s'il en est un, qui était mort honorablement
dans une explosion en faisant griller des hot-dogs sur le barbecue
familial par un beau dimanche après midi de juillet, sa bombonne
de gaz ayant fui malencontreusement.
A l'arrivée du juge dans la salle d'audience, le greffier
hurla comme un perdu; LEVEZ-VOUS. Saisis de stupeur, Sherlock éteignit
sa pipe et Watson se donna un dernier coup de peigne puis referma
discrètement son petit miroir Gucci, cadeau de sa chère
Claudia. Le temps était venu de performer devant la galerie.
Il jeta un regard de chien battu autour de la salle et ajusta sa
bavette en frou-frou espérant ne pas avoir l'air trop fou
affublé de ce déguisement. Soucieux de suivre le protocole à la
lettre, il avait enfilé docilement l'habit traditionnel des
gens de la cour malgré le fait qu'il se sentait ridicule avec
sa longue perruque blanche à boudins. Il prit son courage à deux
mains et son dossier de l'autre puis s'adressa au juge en chuchotant.
Watson: Votre grandeur, me permettez-vous de m'approcher de la barre?
Le
juge: Bien sûr, approchez!
Watson: Vous ne trouvez pas que ça
sent mauvais cette histoire?
Le
juge: J'avoue qu'il plane ici
une odeur nauséabonde mais
je croyais que ça venait de vous.
Watson: Votre éminente pitance, je voudrais tout de même
vous faire remarquer que j'ai pris mon bain dès ce matin,
m'aspergeant de Brute fragrance et je prends ici à témoin
mon collègue Sherlock qui peut vous confirmer la chose.
Le
juge: Maître Watson, la
perruque que vous portez date du temps de l'inquisition si je ne
me trompe?
Watson: Euh non votre sainte instance,
je l'ai louée chez
Norman Lester Wysiwyg Design.
Le
juge: Wysiwyg? Est-ce un dialecte
amérindien dites-moi?
Watson: Non votre grandiloquence,
il s'agit d'un anagramme fortement utilisé par les webmestres sur le web, emprunté par
Norman pour sa compagnie de moumoutes. Cela signifie "What You
See Is What You Get". Autrement dit, ce que vous voyez c'est
ce que vous avez. Donc j'ai eu ce que j'ai vu et voyez vous-même
le résultat.
Le
juge: Ouin... mais enfin, il aurait
pu traiter ses perruques à l'ozone
pour éliminer les odeurs indésirables.
Watson: Désirant plaire à la cour, je vais de ce pas
demander à mon collègue Sherlock de me poudrer la perruque
avec sa petite poudre blanche qu'il traîne toujours dans son
attaché-case.
Sur ce, Watson s'approcha de Sherlock qui sortit de sa serviette
une boite de poudre baby's own et lui aspergea abondamment la tignasse
devant la foule ahurie.
Watson: Assez Sherlock! Vous êtes
en train de m'embrouiller la vue et l'esprit.
Le
juge: Trève de futilités
superficielles et frivoles messieurs, nous ne sommes pas ici pour
faire une parade de mode.
Si on passait maintenant aux faits.
Watson: Compris votre pétante
pestilence.
Le
juge: En passant, je vous prierais de m'appeler votre honneur,
selon la coutume.
Watson: Je ne comprends pas, pourquoi
m'appelez-vous votre honneur? Et pourquoi voulez-vous que je vous
appelle? Je ne suis pas là pour
me faire un cercle d'amis. Quel espèce de juge êtes-vous
donc, essayez-vous de m'acheter? Je ne mange pas de ce pain-là moi
monsieur.
Le
juge: Non, je vous dis que VOUS pouvez m'appeler votre honneur.
Watson: Vous voulez dire que vous
voulez que je vous appelle mon honneur mais dans quel but? Voulez-vous
dire que je dois appeler
mon honneur pour vous à la barre? Je ne comprend plus rien à votre
charabia.
Le juge comprit que sa patience serait
mise à rude épreuve
avec cet original. A bout d'arguments, il se tourna vers le greffier
pour établir une dernière formalité avant de
débouter le procès proprement dit.
(Note de l'éditeur: Y'a pas une erreur là? Vous avez écrit
débouter le procès au lieu de débuter.)
(Note de l'auteur: Vous saurez mon cher que débouter est un
terme juridique.)
(Note de l'éditeur: Je veux bien mais si le juge commence
déjà à débouter dès le début,
il n'y aura pas de procès.)
(Note de l'auteur: Bon ça va, disons débuter alors.)
(Note de l'éditeur: Je sens que je vais devoir intervenir
souvent dans ce chapitre.)
Le
juge: Vous êtes Justin Trouduc
vous, le greffier?
Justin
Trouduc: C'est exact votre honneur.
Watson: Juste un trou du'c...?
Le
juge: Alors cessez de prendre
des notes, cette partie du procès
ne doit pas figurer aux minutes. Bref, le greffe ne doit pas être
submergé de ces apartés inutiles alors allez-y en vous
servant de votre jugeotte si vous en avez une.
Watson: Bon avez-vous fini là de
vous organiser des party avec le Trouduc. Je ne sais s'il a besoin
d'une greffe capilaire
ou mamaire mais je ne vois aucun chirurgien dans la salle.
Le
juge: Vous Maître Watson, fermez-là! Et vous le
Trouduc, redescendez de votre piédestal. Le fait que votre
père fût premier ministre ne signifie pas nécessairement
que vous soyez une sommité. Puisque vous avez été désigné comme
greffier alors assoyez-vous dans votre trône et fermez-là.
Encore une preuve que l'intelligence saute souvent une génération.
Justin
Trouduc: 10-4!
Le
juge: Maintenant Maître Watson, avez-vous un témoin
attraire?
Watson: Euh... à traire... euh... il y a bien la femme de
la victime qui attend pour témoigner mais est-ce qu'elle serait
prête à se faire traire? euh... j'en sais foutrement
rien.
Le
juge: Oh pardonnez-moi, je voulais
dire à attraire, qui
signifie traîner devant la justice, enfin, débutons
maintenant, je vous prie.
Watson: Votre majesté, je voudrais maintenant interroger
mon premier témoin, il s'agit du médecin-légiste
qui a examiné la victime après son décès.
J'appelle à la barre, le docteur Uretère Jambon.
Le premier témoin s'approcha. De bonne corpulence, il prit
place, tant bien que mal dans la chaise des témoins où il
se trouva un peu à l'étroit.
Le
juge: Mettez votre main droite sur la bible et dites je le jure.
Uretère Jambon: Je ne peux
pas votre honneur, j'ai perdu mon bras droit dans un accident de
chasse.
Le
juge: Pardon, je n'avais pas remarqué cette absence. J'ai
un mal de tête lancinant et pénible qui me déconcentre.
C'est comme si j'avais une tuque de douleur. Alors poursuivons et
prenez la gauche.
Uretère Jambon: De toute façon, j'ai dû passer
l'arme à gauche depuis ce drame, si je peux m'exprimer ainsi.
Voulez-vous des anacines?
Le
juge: Non non, poursuivez maître
Watson.
Watson: Tout d'abord, docteur Jambon,
veuillez dire à la
cour quel est le jour de votre anniversaire ?
Uretère Jambon: Le 2 septembre.
Watson: Quelle année?
Uretère Jambon: Chaque année.
Watson: Docteur, combien d'autopsies
avez-vous effectuées
sur des morts ?
Uretère Jambon: Toutes mes autopsies ont été effectuées
sur des morts.
Watson: Et dans quelles circonstances
avez-vous décidé de
devenir autopsien? Est-ce comme cela qu'on vous appelle?
Uretère Jambon: Pas nécessairement,
plusieurs m'appellent le gros Jambon.
L'audience éclata de rire
et Watson attendit le silence absolu pour poursuivre son interrogatoire.
Watson: Docteur dites à la cour ce que vous avez remarqué de
spécial lors de l'autopsie.
Uretère Jambon: J'ai remarqué une anomalie au niveau
de la glande pinéale c'est-à-dire celle qui se situe
juste au-dessous de la glande peux-tu t'taire, siège du cerveau
reptilien.
Watson: Vous voulez dire la glande pituitaire je suppose?
Uretère Jambon: C'est bien
ce que j'ai dit, la glande peux-tu t'taire.
Watson: Ce détail ne me semble pas pertinent étant
donné la rigidité cadavérique de la victime
car, si je ne me trompe, pourrions-nous dire cher Jambon, que le
moribond était d'une morbidité avancée lorsque
vous décidates de procéder à l'autopsie?
L'avocat
de la couronne: Objection
votre honneur, il essaie d'influencer le témoin en mettant ses verbes au passé simple.
Le
juge: Maître Watson, veuillez formuler votre question différemment.
Watson: Mais de quelle façon pourrais-je donc le faire? Moi
qui m'exprime d'un français impeccable.
Le
juge: A vous d'en juger.
Watson: Je vous ferai remarquer subtilement que c'est vous le juge.
Le
juge: N'essayez pas de faire le
drôle ou je fais évacuer
la cour.
Watson: Evacuez mon ami! Evacuez, je m'en contre-torche.
L'avocat
de la couronne: Objection!
On doit dire je fais évacuer
la salle et non je fais évacuer la cour.
Watson: Votre grande flatulence,
je n'ai rien contre les objections mais vous trouvez pas que ça commence à faire là les
objections. Y aurait-il un moyen de lui fermer la trappe juste 2
minutes pour que je finisse mon interrogatoire car à force
de changer les questions, je ne m'y retrouve plus. Après tout
c'est à moi qu'appartient le fardeau de la preuve et je dois
vous avouer bien humblement que ce fardeau m'a donné des hémorroïdes
une bonne partie de la nuit.
Le
juge: Préparation H!
Watson: Qu'est-ce que c'est que cette
affaire de préparation
H? Encore une formule à remplir, vous ne trouvez pas qu'il
y a assez de paperasse ici?
L'avocat
de la couronne: Je ne vois pas le rapport avec notre affaire
votre honneur.
Watson: Votre affaire, votre affaire.
Vous pouvez vous la mettre où je pense votre affaire, espèce
de tantouse.
A l'aide de son maillet, le juge
frappa violemment sur son bureau afin de rétablir un peu de discipline, mais ce geste n'améliora
pas son mal de tête lancinant et pénible.
Sherlock se pencha à l'oreille de Watson, inquiet de la tournure
des évènements.
Sherlock: Voyons Watson, calmez-vous un peu. Vous disjonctez ou
quoi?
Watson: Je ne sais pas ce qui m'a
pris, c'est la nervosité je
crois. Cette pédale m'a fait perdre les miennes.
Sherlock: Cessez d'insulter la magistrature
sinon vous allez vous retrouver avec un outrage à la cour et vous serez rayé du
barreau ou pire encore, emprisonné derrière ceux-ci,
si vous voyez ce que je veux dire.
Watson acquiessa puis il prit une
grande respiration par le nez, histoire de se calmer et poursuivit,
décidé à reprendre
la maîtrise de la situation.
Watson: J'appelle maintenant à la barre la sémillante
Ball DeBeling, épouse de la victime, maintenant veuve de la
victime.
Madame DeBeling, toute de noir vêtue était une très
jolie femme aux longs cheveux noirs et elle avait de superbes yeux
en amandes noirs.
(Note de l'éditeur: Des amandes noires ça
n'existe pas voyons).
(Note de l'auteur: Ce ne sont pas les amandes qui sont noires, ce
sont ses yeux idiot).
(Note de l'éditeur: Vous ne trouvez pas que ça fait
beaucoup de noir pour une description? Vêtue de noir, aux cheveux
noirs, aux yeux noirs, c'est répétitif.)
(Note de l'auteur: Il ne faut pas oublier que cette femme est en
deuil, le noir convient très bien.)
Note de l'éditeur: Bon ça va, je fais le compromis
mais promettez-moi de ne plus faire le con. Promis?)
Sa démarche de mannequin suscita l'admiration de la foule
ainsi que celle du juge mais elle était tout à fait
inconsciente de l'effet qu'elle provoquait sur son passage. Simple
et gracieuse, elle s'avança timidement et pris place à la
barre des témoins.
Le
juge: Mettez votre main droite
euh.. la main gauche plutôt...
euh enfin euh... celle qui vous convient le mieux, sur la bible et
dites je suis toute à vous juge... euh dites je le jure.
Ball
DeBeling: Je le jule.
Le
juge: Pourriez-vous répéter?
Ball
DeBeling: Je le jule votle honneul.
(Note de l'éditeur: Ah non! Vous n'allez pas recommencer à changer
les r pour des l? Ca devient redondant à la fin.)
(Note de l'auteur: Bon okay, c'est compris. Je voulais simplement
décrire l'ambiance le plus fidèlement possible en respectant
les accents régionaux.)
Le
juge: Bon, procédons, c'est l'intention qui compte après
tout, nous prenons en considération votre accent régional.
Watson: Madame DeBeling, corrigez-moi
si je me trompe mais c'est bien vous qui avez découvert, tout à fait par hasard,
le corps ensanglanté de votre mari immédiatement après
le drame?
Ball
DeBeling: Oui, je l'ai trouvé bien mort dans la position
du foëtus, près du fourneau.
Watson: Dirions-nous que vous avez été extrêmement
surprise de le trouver dans cette position car, pour que vous sussiez
qu'il était déjà mort, il eut fallu que vous
eussiez déjà été au courant de quelque
chose de louche?
Ball
DeBeling: Euh... c'était
quoi la question?
Watson: Je précise; avant que vous le vîtes ainsi aviez-vous
des soupçons que quelqu'un eusse pu en vouloir à sa
vie?
Ball
DeBeling: Euh... oui...euh...non.
Objection!
C'était encore l'avocat de la couronne qui n'avait que ce
mot à la bouche. Cette redondance exaspéra Watson qui
explosa.
Watson: Votre honneur, ce clown m'empêche
de faire mon travail, pourriez-vous lui dire de se la fermer une
bonne fois pour toute?
Le
juge: Nous devons suivre la procédure maître
Watson.
Watson: Bon, où en étais-je? Madame DeBeling, je vois
ici dans le contrat signé de votre main que c'est vous qui
fabriquiez les fortune-cookies pour le restaurant chinois de votre
mari, en d'autres mots, la victime, votre ex dont vous êtes
la veuve de.
Ball
DeBeling: Oui c'est bien cela.
Je suis la cuisinière
en chef et j'ai la charge de cuisiner les fortunes-cookies ainsi
que le moo goo guy pen, le moo goo guy kew et le moo goo guy chicken
ball red sauce...
Watson: Bon ça va, on comprend l'idée. L'accusé ici
présent vous aurait-il approchée en douce pour obtenir
une recette en particulier?
Ball
DeBeling: Disons qu'il aimait
bien m'assister dans ma tâche
quand j'enroulais mes fortune-cookies, tout en jasant de choses et
d'autres. Il me complimentait souvent sur mes yeux en amandes.
Watson: Lui avez-vous livré le
secret de votre recette en fin de compte?
Ball
DeBeling: Notre restaurant ne fait pas la livraison.
Watson: Dois-je comprendre qu'il
a dû essuyer un refus de
votre part?
Ball
DeBeling: C'est moi qui essuyait le comptoir, lui il ne faisait
que regarder.
Watson: Pourrait-on dire qu'il n'agissait qu'en tant que voyeur
culinaire?
Ball
DeBeling: Oui et je lui ai dit
de parler avec mon mari pour les détails. D'ailleurs, ils s'étaient donné rendez-vous
le jour du crime mais Hervé ne s'est jamais présenté.
Watson: Je remarque que vous appelez
l'accusé par son prénom, étiez-vous
très intimes ou me trompe-je?
Ball
DeBeling: On se voyait à tous les jours depuis un mois.
Il tenait à me voir à l'oeuvre quand je me tortillais
euh pardon quand je tortillais mes fortune-cookies pour y faire pénétrer
les petits messages sur papier. Et il n'arrêtait pas de dire
que j'avais de beaux yeux en amandes.
Watson: Oui oui, nous savons tout cela, poursuivez.
Ball
DeBeling: Dès que les biscuits étaient prêts,
il tenait à vérifier s'ils ne contenaient pas de gras
trans. Il en cassait quelques-un et lisait les petits messages à voix
basse avec un air soucieux.
Watson: Mais dites-nous qui préparait ces petits messages
destinés à entrer dans la fabrication des fortune-cookies?
Ball
DeBeling: Un ami de mon fils
Swing Lä.
Watson: Votre fils Swing Lä Beling? Celui-là même
que vous avez conçu avec Chuck Dê Beling votre mari
ou si on préfère, la victime dont vous êtes la
veuve, c'est à dire le père de Swing?
Ball
DeBeling: Oui c'est bien ça. Mon fils Swing Lä se
chargeait d'aller cueillir les messages chez son ami et les apportaient
au magasin pour que je les enfile dans les biscuits.
Watson: Merci madame DeBeling. J'en
ai fini avec ce témoin.
Avocat de la couronne, le témoin est à vous.
L'avocat
de la couronne: Madame DeBeling,
est-ce que vous étiez...
Watson: Objection votre honneur!
L'avocat
de la couronne: Pourquoi
cette objection, je n'ai même
pas encore posé ma question.
Watson: Ben quoi? J'ai pas le droit de me pratiquer moi aussi?
Le
juge: Objection rejetée, poursuivez Maître
.......
L'avocat
de la couronne: Madame Debeling,
est-ce que vous étiez
très intime avec l'accusé ici présent?
Watson: Objection votre honneur!
L'avocat
de la couronne: Qu'est-ce qu'il y a encore?
Watson: C'est énervant hein?
Vous me comprenez maintenant?
Le
juge: Maître Watson, taisez-vous!
Madame DeBeling, poursuivez!
Ball
DeBeling: Aussi intime que mon
mari l'était avec lui.
L'avocat
de la couronne: Bon votre
honneur, j'en ai terminé avec
ce témoin.
Perdu dans ses pensées, le juge manipula son maillet d'une
drôle de façon en regardant madame DeBeling s'éloigner
gracieusement.
Watson: Monsieur le juge!
Le juge restait silencieux, lunatique,
rêveur.
Watson: Monsieur le juge! Etes-vous
toujours avec nous? J'ai rapporté du
lieu du crime, un sac de fortune-cookies et j'aimerais le déposer
comme pièce à conviction numéro 69.
Le
juge: Veuillez le remettre au Trouduc.
Watson retourne à son bureau et cherche le sac en question à travers
la paperasse.
Watson: Qu'est-ce que vous faites
Sherlock? Vous avez la bouche pleine, êtes-vous en train de manger le sac de fortune-cookies?
Ce sont les pièces à convictions pardi!
Sherlock: Euh... j'avais un p'tit
creux et j'en ai mangé une
dizaine, c'est tout.
Watson: Mais les petits papiers,
où avez-vous mis les petits
papiers?
Sherlock: Quels papiers?
Swing Lä Beling dans l'fond du tribunal regardait le déroulement
du procès d'un oeil perplexe. Etant le fils de la victime,
il se doutait que le procès ne serait pas une mince affaire,
son père n'ayant aucun ennemi connu. Il se sentait un peu
coupable d'avoir introduit Gaétan Tanguay, le gourou de l'Ordre
Vert dans le commerce familial. Mais il chassa ces pensées
de son esprit, tout ça remontait à une dizaine d'années
et il n'avait rien pu faire pour se débarrasser de la secte
de supra intellectualistes qui avait des tentacules dans tous les
milieux.
*** Fin
du chapitre XIV ***
La
suite se retrouvera dans le prochain chapitre.