Le Canada à l'Exposition universelle de Liége 1905

Ici nous discutons des expositions universelles autres que l'Expo 67, quelles soient anciennes, présentes ou futures.

Re: Le Canada à l'Exposition universelle de Liége 1905

Messagepar lemog3d » 06 Mars 2011 17:57

Désolé, petit silence radio pour cause de congés... et de neige :lol:

Avant d'entrée dans le vif du sujet 3d... voilà une petite visite de l'exposition, basée sur le texte du Guide Hachette de l'Expo de 1905, illustré de documents personnels :

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Portes d'entrée et moyens de transport : - Porte du Jardin d'Acclimatation (tram : Guillemins-Longdoz; tram : place Saint-Lambert-Vennes); Porte du Parc (tram : place Saint-Lambert-Vennes); Porte de la Rue de Vennes (tram Place Saint-Lambert-Vennes; tram : est-ouest), porte spécial automobiles et bicyclettes); Porte de Fétinne (tram : place Maghin-Fétinne; tram : place Saint-Lambert-Vennes); Porte de Rivage en Pot (voitures et bateaux à vapeur); Porte de Fragnée (voitures, automobiles et bicyclettes; tram : Guillemins-Fragnée; tram : place du Théâtre-Fragnée; tram : Liége-Seraing); Porte du quai de Fragnée (voitures).

Prix d'entrée : - de 8 h. à 10 h. du matin, 2 fr. ; de 10 h. du matin à la fermeture, 1 fr.

Carte d'abonnement : - 20 fr. pour toute la durée de l'Exposition.

Moyen de circulation à l'intérieur : - chemin de fer Decauville de la porte du Jardin d'Acclimatation jusqu'à l'entrée des galeries.

Restaurants : - de Fragnée ; - de la Compagnie des Wagons-lits; - de la Presse (au Jardin d'Acclimatation; déjeuner et diner à prix fixe); Emmel, près de la Galerie des Machines; - Lizsanski (Français-Allemand-Belge), au Jardin d'Acclimatation; - Restaurants et brasseries allemandes (4 établissements), 2 sur la façade principale, 1 à Fétinne, 1 au Parc de la Boverie.

Bureau de postes, télégraphes et téléphones : - à droite de la façade principale.

Bureau Commercial : - au centre des halles; renseignements divers (gratuits) sur toutes les industries figurant à l'Exposition; catalogue ; bibliothèque ; salle d'exposition d'objets et documents intéressant le commerce en général ; cartes pour visiter les usines.

Commissariat général : - derrière la salle des Fêtes ; poste de police, pompiers, bureaux de l'Armée, Croix-Rouge.

Banque : - près du bureau de poste et télégraphes.

Droit de photographier : - 50 centimes par appareil à main, 3 fr. pour appareil à pied, 5 fr. par abonnement pour la durée de l'Exposition par appareil à main.

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Entrée Parc de l'Acclimatation.

Une des principales entrées de l'Exposition est celle du Parc de l'Acclimatation, magnifique jardin public situé entre l'Ourthe et la Meuse, le long du fleuve et merveilleusement ombragé.

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Pavillon des métiers bourgeois dans le jardin d'acclimatation.

Une allée centrale bordée d'arbres touffus traverse le parc et laisse à gauche le pavillon des métiers bourgeois, le palais de la Norvège, le palais de l'Algérie, le pavillon français des Colonies d'Afrique; à droite, les serres et l'aquarium, un vaste restaurant avec terrasse splendide au bord de l'eau, les palais du Congo, de la Tunisie et de l'Asie puis passe devant le pavillon du Sport Nautique, modèle du genre.

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Face à la Meuse, se dresse, à l'entée du Parc de la Boverie, le très beau palais des Beaux-Arts du plus pur style Louix XVI. Le Salon International installé dans ce palais réunit des œuvres d'art dues aux artistes de toutes les nations participant à l'Exposition.

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Palais des Beaux-Arts.

On rencontre ensuite le pavillon du Canada, puis le palais de l'Art Ancien au Pays de Liége, dans lequel sont réunis tous les trésors artistiques et archaïques de l'ancienne principauté de Liége.

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Pavillon du Canada.
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Re: Le Canada à l'Exposition universelle de Liége 1905

Messagepar lemog3d » 06 Mars 2011 18:00

Plus loin s'élève le pavillon du Photorama, appareil nouveau, dernière invention de la maison Lumière, de Lyon, permettant aux spectateurs, placés sur une plate-forme centrale, de voir autour d'eux une variété infinie de panoramas rendus en grandeur nature, en couleur et avec relief et constituant « le tour du monde... sur place ».

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Pavillon du Photorama.

Immédiatement après, se dresse l'élégante silhouette du palais de la Ville de Liége, d'architecture Mosane, puis une vaste et toute moderne brasserie dans laquelle un concert permanent, doublée d'un music-hall de premier ordre, sera offert gratuitement aux visiteurs.

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Palais de la Ville de Liège.

Parallèlement à cette longue rangée de palais et pavillons, se profilent le pavillon de la Bulgarie, le palais de la Dentelle et des Travaux de la Femme, enfin les coquets pavillons d'architecture nationale du Monténégro et de la Serbie.

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Palais de la Femme et Palais de la Dentelle.

Le parc de la Boverie, que l'on vient de traverser, forme une sorte de presqu'île, bordée à gauche par la Meuse, à droite par l'Ourthe. Un pont élégant amène le visiteur sur l'autre rive de l'Ourthe, où l'on trouve à gauche le palais de l'Alimentation française (arche de 40 m. d'ouverture), construit en ciment armé par l'industrie française. Sur la rivière, sillonnée de gondoles, auront lieu des fêtes vénitiennes.

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Palais de l'alimentation française.

En suivant le bord de l'eau à droite, sur une distance de quelques cent mètres, on jouira du splendide panorama qu'offrent en cet endroit les collines qui entourent la ville et on arrivera sur la plaine des Vennes, face au palais des Fêtes et aux grandes galeries de l'Exposition.

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Palais des Fêtes.

Les Galeries de l'Exposition, de proportions colossales, couvrent 110 000 mètres carrés de superficie. Elles occupent à peu près seules une plaine créée nouvellement, d'une contenance d'environ 11 hectares. 98 pavillons d'architectures diverses s'élèvent dans les différentes parties de l'Exposition et forment un ensemble des plus heureux et des plus variés. Les jardins sont l'œuvre des services de la Ville de Paris.

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Les Halls.

Face aux galeries se trouvent de nombreuses attractions, des brasseries, des cafés et bodegas, enfin les pavillons de quatre importantes usines belges, de la ville de Spa, de l'Horticulture française, de la Compagnie des Wagons-lits, etc.

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Compagnie Internationale des Wagons-Lits.
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Re: Le Canada à l'Exposition universelle de Liége 1905

Messagepar lemog3d » 06 Mars 2011 18:02

L'entrée des galeries est monumentale. La façade est flanquée de chaque côté de la grande entrée sous dôme, de deux portes architecturales. Un phare monstre dresse sa silhouette à cent mètres de hauteur, par-dessus la coupole du splendide palais des Fêtes, élevé à gauche des galeries et pouvant contenir plusieurs milliers de personnes.

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Les Halls et le Phare.

Dans les galeries se trouvent, dès l'entrée, postes, télégraphes, bureaux de correspondance, de voyage. Puis aperçoivent les motifs décoratifs des façades de la France (à signaler le salon de France, le salon de l'Art industriel, l'exposition de la collectivité de la couture, le panorama de la plume, occupant toute la gauche, plus de 20 000 mètres carrés, et de l'Allemagne à droite.

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Les pavillons Allemands.

Plus loin, dans les halls élevés en aval du chemin de fer du nord, dont la ligne coupe en deux parties la grande plaine, se trouvent les expositions de l'Angleterre, des Etats-Unis, de la Chine et du Japon, de l'Italie, du Portugal, du Pérou, une section étrangère groupant plusieurs exposants étrangers de l'Asie et des Etats de l'Amérique Sud et Nord et enfin un Bureau commercial organisé suivant un procédé nouveau et constituant pour les visiteurs comme pour les exposants une agréable et utile innovation.

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Voie ferrée du Nord.

Une galerie transformée en un véritable palais des Glaces, passant sous le chemin de fer, relie les galeries que nous venons de traverser aux galeries d'amont dont la superficie dépasse 50 000 mètres carrés.

Dans ces secondes galeries se trouvent : à droite la section de la Belgique; à gauche, les expositions de la Russie, la Hollande, la Turquie, l'Autriche, la Hongrie, la Bosnie, la Suisse, la Suède, la Perse, la Grèce et le Luxembourg.

L'exposition de la section belge, qui occupe, comme nous venons de le dire, toute l'aile droite de ces galeries, est très importante. En y comprenant quelques pavillons la section belge occupe à l'Exposition plus de 80 000 mètres carrés de superficie.

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Diorama militaire.

A l'extrémité des galeries d'amont, derrière la section belge et le long du Diorama militaire, s'érige la Galerie internationale des machines, occupant près de 30 000 mètres carrés et desservie par 8 ponts roulants dont 4 de 25 mètres de portée et 30 tonnes de puissance.

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Galerie des Machines.

Retraversant les galeries, le visiteur franchira l'Ourthe sur un pont élégant d'une seule travée.

A l'extrémité du pont, sur une espèce de promontoire séparant à leur jonction la Meuse et l'Ourthe, se dresse à droite le monument du célèbre électricien liégeois Zénobe Gramme, monument entouré d'une esplanade d'où la vue panoramique est magnifique.

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Monument de Gramme.
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Re: Le Canada à l'Exposition universelle de Liége 1905

Messagepar lemog3d » 06 Mars 2011 18:06

A gauche, se trouve le « Vieux-Liége », attraction des plus agréables et des plus fréquentées; il se compose d'une centaine de maisons et de monuments historiques; c'est une reconstitution artistique de la Ville des Princes Evêques, d'il y a quatre à cinq siècles. Un nombreux personnel y portera les costumes du temps; et des fêtes, empreintes de l'esprit local et rappelant les souvenirs du passé, y seront organisées. Enfin au bord de l'Ourthe; s'étend un boulevard ombreux, bordé de restaurants et d'établissement divers.

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Le Vieux_Liége.

Le visiteur traverse ensuite la Meuse, large en cet endroit de plus de 170 mètres, sur le pont de Fragnée. Ce pont, avec terrasses et pylônes, se distingue par la légèreté de sa construction et son architecture décorative. Il donne accès à la plaine de Fragnée, plaine réservée surtout aux attractions dominant l'entrée principale des jardins de l'Exposition.

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Le Pont de Fragnée.

Au premier plan, le visiteur rencontre à droite les Arènes liégeoises, vaste théâtre contenant 3 500 places et dans lequel seront alternativement données une œuvre historique à grand spectacle et des séances d'attractions modernes.

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Les Arènes liégeoises.

Parmi les curiosités que l'on trouve sur la plaine de Fragnée, signalons tout d'abord le Pavillon de la Compagnie Allemande des sondages et forages pour mines, dans lequel on verra fonctionner les puissantes machines à forer le sol; plus loin viennent les attractions, dont la triple boucle, montagnes russes formant trois boucles, puis le restaurant de la Haute-Bavière, la Water Chute et la Rivière Styx; trois attractions nouvelles combinées : un village africain, la Maison japonaise à Thé, immense établissement japonais entouré de jardins nippons; les palais de l'Agriculture et des Eaux et Forêts, le Panorama (la toile représente l'entrée au Caire de la caravane de la Mecque), etc.

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Le water-chute et la plaine des attractions.

Un nouveau système de tram électrique relie la plaine de Fragnée à Cointe, le plateau élevé qui domine la ville. Les équipages et les automobiles monteront vers Cointe par une avenue bordée d'arbres touffus.

Sur le plateau de Cointe se dressent les palais dans lesquels auront lieu les expositions et concours horticoles, vinicoles, agricoles et notamment la merveilleuse exposition des Roses, à laquelle participeront 2 300 horticulteurs. A Cointe est également établie la grande plaine des Sports, où auront lieu notamment les fêtes fédérales de gymnastique qui dureront plusieurs jours et grouperont des officiers de toutes les armées; un lâcher monstre de pigeons; des fêtes internationales et des concours de ballons dirigeables, de ballons sphériques, de drapeaux, de musique, de football, de tennis; un concours de maisons ouvrières, etc.

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Horticulture Belge.

En résumé, l'Exposition de Liége est assurée d'un succès plus grand encore que ses devancières en Belgique. Trente-trois puissances se sont fait représenter tant dans les galeries que par des pavillons et prendront part à ce nouveau concours général de tout ce qui constitue « Progrès » et de tout ce qui, de près ou de loin, se rattache à l'Economie sociale et aux sciences.

La Ville de Liége, le Gouvernement et la Province, enfin un comité patronné par l'Exposition ont décidé d'offrir aux Etrangers, d'avril à novembre, une série ininterrompue de fêtes sensationnelles, luxueuses et inédites.

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Re: Le Canada à l'Exposition universelle de Liége 1905

Messagepar lemog3d » 07 Mars 2011 17:02

Pour le moment, j'ai bien parlé de l'Exposition et montré quelques photos, il est alors temps d'entrer dans le vif du sujet et la réalisation en 3d.

Pour rappel, ce projet est un avant-projet, en vue de réaliser un trailer 3d sur l'Exposition universelle de 1905 à Liége. J'ai choisi de restituer un nombre limité de pavillons, dans l'enceinte du Parc de la Boverie, des pavillons qui se trouvent à proximité du Palais des Beaux-Arts, "le" vestige de cette exposition.

Habituellement, je n'aime pas restituer en 3d des bâtiments qui existent encore actuellement, mais ce Palais des Beaux-Arts sera le fil d'ariane qui permettra de coupler ce pré-projet qui sera présenté au MAMAC de Liège.
Nous en reparlerons plus tard, beaucoup plus tard, puisque je m'occuperai de ce Palais en dernier.

Pour l'instant, je n'ai pas encore précisément décidé du nombre de pavillons que je vais restituer, entre 7 et 10 !
ce qui est déjà largement suffisant dans le cadre d'un pré-projet...

Voici le premier de ces pavillons, et le plan du Parc de la Boverie afin de le situer :
(désolé, je ne commence pas pas le Pavillon du Canada, pas pour une question de préférence, uniquement pour des questions de documentation, et d'implantation géographique sur le site de l'exposition)

Le Palais de la Ville de Liège :

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Le palais de la Ville de Liège a été conçu en vieux style mosan, par M. Lousberg, architecte de la Ville de Liège. A l'intérieur, on y apprend, par exemple, que de 1900 à 1904, la population de Liège
a augmenté de près de 11.000 habitants; les registres de l'Etat-Civil indiquent pour la même année, 3.155 naissances, 1.659 mariages et 2.731 décès.

Parmi les renseignements donnés sur la police, la sécurité, l'hygiène, nous glanons ceux qui peuvent intéresser les lecteurs.

L'éclairage public de la voirie est assuré, au ler juillet 1905, par 4.228 lanternes à gaz, 76 lampes électriques à arc et 553 lanternes à pétrole; cet éclairage a coûté en 1904, la somme de 438.520,08 francs.

La même année, la Garde Civique compred 161 officiers pour 2.818 hommes, tandis que la production en armes de guerre s'éleve à 2.479.936 pièces; preuve de la belle vitalité de l'industrie armurière et de sa renommée dans le monde entier.

Le service de l'instruction publique offre des documents particulièrement intéressants.

Au lendemain de la Révolution de 1830, Liège ne comptait que 4 écoles primaires communales de garçons; elle possède maintenant 124 écoles, instituts, crèches, écoles professionnelles, etc., avec 1 université, 1 athénée royal, 1 école industrielle, 1 école moyenne de garçons, 2 écoles de demoiselles, et 9 écoles professionnelles.

Le service des Beaux-Arts nous montre encore les superbes locaux du Conservatoire Royal de Musique et de la nouvelle Académie des Beaux-Arts. Si on ajoute à ces établissements officiels une foule d'institutions libres, pour lesquelles les documents exacts nous manquent, on a une idée du développement de l'instruction publique à Liége.

L'Assistance publique, sans contredit une des plus belles institutions modernes, nous initie à l'organisation de bien d'œuvres charitables: hôpitaux, hospices, asiles, orphelinats, sociétés de bienfaisance particulières subventionnées par la Ville, englobant des œuvres plus discrètes, mais non moins utiles.

Le service des Travaux publics nous révèle l'organisation compliquée, mais sûre, des sections des eaux, de la voirie et du nettoyage de la voirie, de l'architecture, du gaz et de l'électricité, tandis que les Finances et le Contentieux intéressent plus spécialement la Ville elle-même.

C'est tout cela que le palais de la Ville de Liège nous montre; les documents, quelquefois en nature mais surtout en graphiques, y abondent. Le tout groupé avec un soin judicieux qui fait le plus grand honneur aux organisateurs. Beaucoup d'étrangers y étudient l'organisation des Services publics de notre ville avec un soin minutieux.


Le Palais de la Ville de Liége, en 3d :

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Re: Le Canada à l'Exposition universelle de Liége 1905

Messagepar lemog3d » 10 Mars 2011 17:52

au tour du second bâtiment modélisé pour le trailer Exposition de 1905 à Liége :

le Pavillon du Monténégro

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Commissaire général: M. GIUSEPPE VOLPI, Consul de Serbie, à Venise.
Commissaires généraux adjoints: MM. J. HOGGE-FORT, Consul de Serbie, à Liège ;
T'HOEN, Consul général du Monténégro, à Bruxelles.
Le Monténégro a obtenu 8 récompenses, dont 3 grands prix et 3 médailles d^or.

Il y a toujours plaisir à voir le pavillon d'un petit pays. Il semble que les grands pays soient, en quelque sorte, obligés de venir à une Exposition. Ils doivent à eux-mêmes, à leurs nationaux de ne point faire défection en pareille circonstance et ils sont là autant pour eux que pour nous; tandis que les petits, leur participation leur impose de plus lourds sacrifices, aussi leur présence est-elle une marque d'extrême courtoisie et de réelle sympathie. Dans une corbeille d'hommages, les bouquets de violettes à deux sous vous causent souvent une joie aussi intime que les gerbes d'orchidées gaînées de rubans éclatants.

Le Monténégro participait pour la première fois à une Exposition. Son pavillon gracieux, frais
et élégant, cousinait avec celui de la Serbie, établissant entre leurs architectures des liens de parenté
comme il en est entre les deux gouvernements.

Modeste, coquet, il apparaît sous le dôme de verdure que lui font les grands arbres du Parc, d'un style serbe modernisé, arborant sur le clair de sa toiture l'aigrette bariolée de son drapeau sur lequel veille, en son costume de Petiatrik, un superbe soldat, type remarquable de sa race.

Pour décorer intérieurement ce pavillon, oeuvre de M. Carbonaro, artiste de Venise, S. A. R. le prince Danilo, héritier du trône, et le Ministre président, le Voivode Petrovitch, ont prêté une superbe collection d'armes orientales digne d'un musée, car on ne la conçoit pas autrement que derrière le rempart fragile de la vitrine, loin du toucher indiscret et faite seulement pour la joie de l'œil. Pièces rares, curieuses, devant lesquelles les amateurs tombent amoureux.

Pour compléter la décoration, il y avait aussi des tapis, des étoffes, des broderies et des costumes attestant que tous ces Orientaux ont un instinct merveilleux pour mélanger les couleurs, les assortir, les combiner, faire jaillir les contrastes, nouer les broderies en arabesques osées et délicates.

La « Régie Co-intéressée des tabacs du Monténégro », organisation nouvellement créée, a apporté des tabacs d'or pâle dont on doit presque avoir le regret de faire évanouir la couleur blonde en volutes bleues et aromatisées.

Et à voir les nuances de ces feuilles et le choix de ces cigarettes bien roulées, on comprend les fumeurs d'Orient qui ont l'air d'observer les rites d'une religion vénérée, quand, s'adonnant au détachement et à la nonchalance du fumeur de Tchibouk, ils déroulent en spirales longues et odorantes ces tabacs dont leurs palais s'enivrent!

Plus loin, des échantillons de pyrètre, de lanioc et de laine représentaient les produits du sol.

Puis, quelques tableaux et des photographies montraient divers aspects de ce pays si caractéristique. Enfin, une brochure de 100 pages sur le Monténégro achevait d'édifier le visiteur.

Et l'on sortait de là en songeant longuement à ce patriarcal Monténégro où les femmes sont si belles et les hommes si farouches, où l'amour de la liberté ne se sent pas jugulé sous un pouvoir large, paternel et débonnaire, où le prince ne veut être qu'un citoyen comme tous les fiers habitants de ses montagnes, avec une grande maison pour palais au lieu de la chaumière de ses sujets !


Le Pavillon du Monténégro en 3d :

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Un tout petit pavillon, mais plutôt mignon, non ?
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Re: Le Canada à l'Exposition universelle de Liége 1905

Messagepar Normand » 14 Mars 2011 18:00

Je me permets des commentaires généraux sur ta présentation de l'Exposition Universelle de 1905.

1- Le texte est intéressant et ressemble en tous points à la narration que l'on peut entendre sur mes DVD de l'Expo 67.Toutefois,comme je ne connais pas du tout la ville de Liège,j'ai dû dénicher un plan de la ville sur un site,afin de pouvoir beaucoup plus aisément suivre l'itinéraire proposé dans le texte.

2- Le pont de Fragnée est magnifique.Détruit pendant la seconde guerre mondiale,il fut reconstruit après la guerre,exactement comme il était,sauf qu'on en a profité pour l'élargir.Brillante idée que malheureusement,on n'applique pas ici.Je donne comme exemple le Pont des îles,dont on a fait disparaître les câbles qui le soutenaient lors de sa rénovation il y a quelques années.Selon moi,même s'ils étaient devenus inutiles,on aurait dû les laisser afin de sauvegarder le style original et élégant du pont.

3- D'où vient le nom du pont de Fragnée? Comme je le mentionnais il y a quelque temps dans un autre message,je ne suis pas très instruit :oops: et "Fragnée" est un nom propre totalement inconnu pour moi.

4- À l'instar de notre hôte,j'aime énormément voir ces vieilles images de l'Expo de 1905.En plus du style particulier des édifices, la verdure et les nombreux arbres dégagent comme une sorte de romantisme.Comme j'ai pu le constater sur un autre site,tout comme trop souvent ici,ces arbres ont malheureusement été sacrifiés au profit de l'asphalte.La sacro-sainte automobile,rien ne peut l'arrêter.Et on appelle ça le progrès...
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Re: Le Canada à l'Exposition universelle de Liége 1905

Messagepar lemog3d » 15 Mars 2011 01:45

Pour reprendre les quelques points cités :
1 - effectivement, il n'est pas forcément facile de se repérer dans cette exposition, répartie en 4 lieux de Liége : Fragnée, Vennes, Boverie et Cointe. Même in situ, ce n'est pas facile !
J'ai très peu de plans de m'expo... et tous ne sont pas très précis ! Heureusement, j'ai pu par recoupement avec d'autres plus complets combler ces lacunes. Mais je ne peux hélas pas diffuser ces plans ici, ils sont la propriété des Archives de Liège.

2 - le Pont, malgré son âge et son origine, est tout à fait apte à absorber la circulation actuelle, en tout cas, plus que les rues de la ville elle-même !
Demain, je vais à Liège, et si le soleil est présent cette fois-ci, j'irais photographier en détail, car si le trailer joue correctement son rôle, je peux caresser l'espoir de réaliser un projet plus complet sur cette exposition, dont le Pont de Fragnée est un élément incontournable.
Ce pont était la réponse au pont Alexandre III de l'expo 1900 à Paris, mais moins innovant et plus traditionnel... il n'en demeure pas moins très sympathique dans le paysage liégeois !

3 - Fragnée est un quartier de Liège, le pont mène de Fragnée à Vennes et Fétinne...

4 - C'est un point qui m'a gêné à Shanghai, qu'il y ait si peu de verdure et d'espaces verts. Je sais que cela a un coût certain en installation et entretien, mais je pense qu'ils n'étaient pas à ça près !


Pour informations, j'ai nommé ce poste "Le Canada à l'Exposition universelle de Liége 1905", et pour le moment, on ne l'a pas beaucoup vu ! mais patience, il arrive bientôt et fera effectivement bien parti de ce trailer !
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Re: Le Canada à l'Exposition universelle de Liége 1905

Messagepar lemog3d » 15 Mars 2011 01:47

La suite avec le troisième pavillon :

Le Pavillon de la Serbie

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Commissaire général : M. HOGGE-FORT, Consul de Serbie, à Liège.
Secrétaires du Commissariat: MM. le chevalier R. de WINIWARTER, DOBROSLI ZEBITCH
Commission en Belgique: Président d'honneur: S. E. le docteur VESNITCH, Ministre de Serbie, à Paris et à Bruxelles.
Vice-Président d'honneur : M. Léon CASSEL, Consul général de Serbie, à Bruxelles.
Président: M. G. H. ANTOINE, Consul de Serbie, à Anvers.
Vice-Présidents: MM. le docteur DWELSHAUVERS, à Liège; GODCHAUX, ingénieur, à Bruxelles.
Elle a obtenu 158 récompenses, dont 7 grands prix, 8 diplômes d'honneur et 27 médailles d'or.

La Serbie adhéra officiellement la première a l'Exposition de Liège. Elle s'installa, comme le Monténégro, sous les grandes allées du Parc de la Boverie. J'ignore si tous les monastères serbes sont identiques au pavillon qui enferme l'Exposition de la Serbie ou s'ils ont simplement un air de parenté avec celui-ci. Peut-être nous a-t-on délégué le type le plus achevé et le plus gracieux aux seules fins de nous inciter au regret de n'avoir pas su déserter la bataille de la vie et nous réfugier
dans le calme et la douceur du cloître pour y couler ces jours tissés d'or et de soie
dont nous parle la sagesse antique.

Le pavillon serbe est le fac-similé d'un monastère du pays. Il a du cachet et du caractère avec ses murs blancs, coiffés d'une tour carrée, étoiles d'oeils-de-boeuf, échancrés de fenêtres, capuchonnés de tuiles rouges et sa colonnade de marbre formant devanture, sous laquelle deux soldats serbes en faction ajoutent à l'illusion.


La Serbie est grande productrice de céréales et elle a le droit d'être fière de son agriculture qui la pourvoit de ses froments, de ses orges, de ses seigles, de ses avoines, de ses maïs, de ses tabacs de si
belle venue et de si bon rendement. Elle produit aussi des vins, des spiritueux célèbres comme la Slivooitza (eau-de-vie de prunes). Ce sont bien là les produits d'un peuple d'agriculture et de paysans, rudes tâcherons plies sur le sillon et les labours, dont la forte race aime insensément cette
terre qui les nourrit, et qui sera leur linceul.

Ils sont ardents à la peine, durs à l'épreuve, courageux à l'extrême et constituent une population rurale qui, en temps de guerre fournit de vaillantes milices, et durant la paix travaillent énergiquement à la prospérité du royaume.

Mais la Serbie a d'autres instruments de richesse encore, ses minerais sont variés et nombreux. Elle nous échantillonne des minerais aurifères, des minerais de mercure de plomb, de cuivre, de molybdène, de bismuth, d'antimoine, de chrome avec une prodigalité qui fait envie et qui pourtant ne lui coûte pas beaucoup, car elle possède un sol qui abrite dans ses profondeurs une succession de fortunes industrielles.

Un pays dispose toujours de grandes ressources et de fécondes promesses d'avenir quand il a pour réservoir un sol matelassé de riches gisements et lambrissé de luxuriantes récoltes, et la Serbie possède ces éléments.

Rappelons que plusieurs sociétés belges ont été constituées pour exploiter ces richesses, notamment la Société des Cuivres de Maidenpek, les Charbonnages d'Alesinat.

Qui dit Orient, dit tapis et tissus. En voici de Pirot et d'Ujitze dont les habitants, paraît-il, ont un mystère pour leur garder un coloris éternellement vif et une fraîcheur incomparablement jeune. Ils sont à double face, généralement rouges, et on prétend qu'ils sont vierges de tout machinisme.

Où elle est vraiment la Serbie au coeur national, c'est dans ses costumes régionaux, dans ses étoffes et ses bijoux anciens, dans ses armes particulières, dans ses tabacs exquisement odorants.

C'est là qu'il faut aller la chercher, l'évoquer, parce que là est toute la suite de ses traditions dans le pittoresque de son caractère, dans l'originalité de sa nationalité.

Chez tous les peuples de la terre, l'histoire de ses costumes et de ses armes, c'est l'histoire de toutes ses passions, de ses préjugés et de ses croyances, de ses adorations et de ses haines; elle porte le reflet de la couleur de leur ciel et de leur amour, c'est le miroir oià passent en ombres légères et profondes leur vie paisible ou tumultueuse, calme ou sanglante.

Et le Serbe n'échappe pas à la loi commune. Son caractère altier, sauvage, indépendant, a marqué de son empreinte les vêtements qui le protègent, les armes qui le défendent, les bijoux dont il se pare.

Un salonnet artistique que domine un beau portrait du roi Pierre, donne asile à des sculptures et à des tableaux signés d'artistes serbes, et cette galerie qui a de l'attrait appartient au roi Pierre et à la reine Nathalie, veuve de l'ex-roi de Milan.

La destinée a des rapprochements ironiques et inattendus, les expositions de ces voisinages qui ne redoutent pas les incidents diplomatiques.

De la sorte, la Serbie nous fait toucher à son activité et à son particularisme, elle nous confie ses désirs et ses espoirs, ses aptitudes et ses buts.

Longtemps elle a vécu sous les armes, piétinant un sol qu'elle arrosa largement du sang de ses concitoyens chaque fois qu'il lui fallut lutter pour son indépendance et si les moissons poussent si dru sur les champs serbes, c'est peut-être qu'ils ont été tant ensemencés des corps de ses héros.

Une nouvelle Serbie est née du fracas des armes, du tumulte des révolutions, une nouvelle Serbie qui se souvient des leçons du passé pour se tailler un avenir fécond, durable, dont les qualités populaires d'énergie, de bravoure et d'endurance n'ont pas dégénéré, mais s'aiguillent de plus en plus vers ces chemins de paix et de bravoure où les nations trouvent la prospérité et les peuples le bonheur.

Ainsi apparut la Serbie nouvelle à l'Exposition de Liège et cette participation dut gagner bien des sympathies à ce pays trop ignoré encore de beaucoup.


Le Pavillon de la Serbie en 3d :

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Re: Le Canada à l'Exposition universelle de Liége 1905

Messagepar lemog3d » 21 Mars 2011 11:24

Quatrième pavillon :

Le Palais de l'Art Ancien

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L'Exposition rétrospective d'art mosan organisée à Liège, en 1881, bien que de proportions relativement restreintes (elle se tint comme on le sait dans les cloîtres Saint-Paul, à l'Université, et à l'Emulation), fit une réelle impression sur l'esprit des archéologues et des amateurs si nombreux de la vieille cité de saint Lambert et contribua à développer encore dans l'âme des Wallons le goût des choses du passé.

L'Exposition universelle projetée pour 1905 devait fournir aux Liégeois une nouvelle occasion de faire connaître, mais dans un cadre plus vaste et plus imposant, les merveilleuses productions artistiques de l'antique principauté.


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M. Florent Pholien, secrétaire du Comité Exécutif de l'Exposition, conçut le projet d'une Exposition d'art ancien au pays de Liège, s'attacha avec persévérance à cette intéressante question et présenta, à cette fin, un rapport circonstancié au Comité Exécutif. Ce dernier, comprenant tout l'attrait qu'une section rétrospective pouvait donner à la World's Fair liégeoise, en adopta le principe dès 1900 et chargea M. Pholien d'en rechercher les moyens d'organisation. Le Gouvernement fit d'ailleurs à ce projet l'accueil le plus empressé. En effet, un arrêté royal en date du 15 juin 1903, organisant
le Commissariat général du Gouvernement près l'Exposition de Liège, nomma M. le baron Robert de Selys Fanson, commissaire spécial pour les arts rétrospectifs. Le Comité Exécutif de la Société anonyme de l'Exposition confia à ce dernier l'organisation de la section de l'Art ancien, mit à sa disposition les crédits nécessaires et délégua M. Florent Pholien, son secrétaire général des Finances, pour le représenter.

Un arrêté royal du 30 septembre suivant institua une nombreuse commission de patronage de la section de l'Art ancien, au sein de laquelle un arrêté ministériel, en date du même jour, créa un Comité Exécutif, organisme actif formé de compétences spéciales dont l'appoint était nécessaire pour mener à bien l'importante entreprise.

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Le Commissaire du Gouvernement, M. le baron de Selys Fanson, trouva dans ce comité d'assidus collaborateurs et c'est à ce faisceau de bonnes volontés qu'est due la réussite de l'Exposition d'Art ancien.

Le samedi 24 octobre 1903, eut lieu, en la salle des mariages de l'Hôtel-de-Ville de Liège, l'installation officielle de la Commission de patronage, sous la présidence de M. Gustave Francotte, ministre de l'Industrie et du Travail.

En ce qui concerne le choix, le classement et la présentation des objets, nous sommes heureux de rendre hommage au zèle, à la ténacité et au savoir des agents les plus en vue dans l'organisation de ce musée provisoire. Rappelons les noms: pour l'art religieux: du président Mgr Schoolmeesters, de son secrétaire M. Paul Lohest, et de MM. les abbés S. Balau et P. Daniels; pour l'art civil: du président M. J. E. Demarteau, de son secrétaire M. Edmond Jamar, de M. le baron de Chestret de Haneffe, de M. S. Bormans, de feu M. J. Helbig, de M. Joseph Brassinne, de M. Ed. Brahy-Prost,
de M. Paul Van Zuylen, du baron Maurice de Sélys-Longchamps, de M. G. Ruhl, de M. L. Naveau, du baron Louis de Crassier, de M. Renard-Grenson, de M. Hans von Winiwarter, de M. Georges Rasquin, de M. Florent Pholien et M. Jean Charlier.


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Le Conservateur des collections, M. Georges Terme, mit au service des organisateurs une expérience déjà ancienne, et l'auteur des présentes lignes se rappelle avec plaisir d'avoir participé à divers travaux.

Cette fois, les cloîtres pittoresques, mais trop étroits de la Cathédrale, et l'unique salle de l'Emulation qui avait servi en 1881, ne suffisent plus à l'ambition des organisateurs.

Ce sera un palais qui abritera les collections qu'il s'agit de réunir et de mettre
en valeur. A vrai dire, elle était vaste cette construction, sans être fastueuse; mais on
y voyait avec plaisir la reconstitution de la fameuse Violette, avec les armoiries des bonnes villes de la Principauté qui s'abritaient sous les ailes de la double aigle impériale. Ces motifs héraldiques intimement liés aux fastes de la Principauté, imprimaient au vieil édifice un charme qu'on ne retrouve pas dans l'Hôtel-de-Ville actuel de Liège, construit comme l'on sait après le bombardement de la ville par le maréchal de Boufflers.

Le succès a surpassé les rêves les plus optimistes des organisateurs, et la section rétrospective a constitué, de l'avis d'excellents juges, la principale attraction de la première foire mondiale, organisée sur les rives de la Meuse.


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Les trésors qui étaient naguère rassemblés au Palais de l'Art ancien sont de nouveau dispersés : les uns ont été replacés dans les sanctuaires, les autres ont été rendus aux collectionneurs qui veillent sur eux avec une sollicitude presque maternelle.

A la foule des curieux, ont succédé dans les grandes salles devenues mornes et froides, les ouvriers occupés à démonter les vitrines. Puis leur tâche accomplie, le palais a été livré à la pioche des démolisseurs. Maintenant, en se reportant à cette belle évocation de l'art mosan, on ne peut se défendre de cette impression de mélancolie qui succède si souvent aux rêves enchanteurs. Qui de nous reverra jamais semblable musée? Qui songerait encore à tenter l'effort de tant de bonnes volontés, effort qui groupa pendant quelques mois foule d'objets de prix : orfèvreries, argenteries, dinanderies, sculptures, meubles, tentures, broderies, faïences et verreries? Tous ces trésors rassemblés à grand peine se sont évanouis dans un éparpillement décevant. Or, ce n'était pas seulement un art puissant et fécond par tant de manifestations que rappelait cette imposante réunion
d'objets, mais c'était aussi le passé de la patrie liégeoise, dont M. Godefroid Kurth et M. Joseph Demarteau ont tracé en quelque sorte la physionomie intellectuelle et morale dans des pages d'un captivant intérêt. Les lignes qui vont suivre n'ont pas la prétention de constituer un mémorial; elles n'ont d'autre but que de donner une rapide esquisse de l'Exposition rétrospective. Aussi le lecteur, désireux de faire une étude, devra-t-il recourir au catalogue de l'Art ancien au pays de Liège et à l'Album illustré de M. G. Terme.

Le Palais était consacré à l'Art mosan compris dans son acception courante. On n'y a revu, en effet, ni les instruments primitifs de l'âge de la pierre, ni les poteries grossières recueillies dans les cavernes et les huttes habitées par nos lointains ancêtres, ni les vestiges des époques belgo-romaines et des invasions barbares.


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Le musée provisoire débutait par une plaque en ivoire du X^ siècle, appartenant à la Cathédrale de Liège et où se trouvent représentées trois résurrections opérées par le Sauveur. Pour la circonstance,
on eût été heureux de voir associés à cet objet le bas-relief en ivoire du Crucifiement du Trésor de l'église Notre-Dame à Tongres et ce fameux ivoire, serti après coup d'émaux du XIIe siècle, où Notger apparaît en prière sous l'image du Christ en Majesté. Ces vénérables monuments
sont-ils issus de centres mosans proprement dits, ou bien relèvent-ils d'un centre germanique?

Bien qu'il soit difficile pour le moment de donner une réponse affirmative à cette question,
on ne se hasarderait pas trop, je crois, en admettant la première des alternatives. Il y avait, en effet, entre l'Allemagne et la principauté ecclésiastique des relations très suivies, résultant autant de leur voisinage que de leur situation politique. On voit même, pour ne citer qu'un exemple, l'architecture rhénane pénétrer jusqu'au sein de la cité liégeoise. Rien de surprenant, dès lors, que des ivoires trouvés dans la région soient apparentés d'une manière sensible à des spécimens dont l'origine
allemande ne peut être mise en doute; ils trahissent l'intervention de clercs savants, et à cet égard, on ne doit pas perdre de vue l'état florissant des abbayes de Saint-Trond, de Saint-Hubert, de Gembloux et de Waulsort où l'art était en honneur. C'est dans le dernier de ces monastères que Wibald, jeune encore, vint puiser des leçons de savoir et de goût qui exercèrent une action si efficace sur le futur abbé de Stavelot, de la Nouvelle Corbie et du Mont Cassin.


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Encore deux pavillons, et on en sera à celui du Canada ! :mrgreen:
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Re: Le Canada à l'Exposition universelle de Liége 1905

Messagepar lemog3d » 27 Mars 2011 16:43

Cinquième pavillon,

Le Palais de la Femme et de la Dentelle.

ENSEIGNEMENT PRATIQUE

INSTITUTIONS ÉCONOMIQUES ET DE BIENFAISANCE
TRAVAIL MANUEL

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L'idée de mettre en lumière, dans un pavillon spécial, le rôle bienfaisant de la femme belge dans ses diverses sphères d'action, fut conclue par le sympathique et dévoué Ministre de l'Industrie et du Travail, M. Gustave Francotte, longtemps avant l'ouverture de l'Exposition.

Dès l'année 1903, celui-ci fit appel à un Comité de choix auquel il confia l'organisation du groupe XVII, afférent au Palais de la Femme.

S. A. R. Madame la Princesse Albert de Belgique voulut bien accepter la présidence effective de ce groupe intéressant.

Le Comité Exécutif de l'Exposition, à la suite d'un accord avec le Gouvernement, entreprit la construction du Palais. Celui-ci fut érigé au Jardin d'Acclimatation, à côté du Palais de la Dentelle.

Tous deux étaient une reproduction fidèle du petit Trianon de Versailles.

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Pour encourager l'oeuvre naissante, M. le Ministre ajouta, au bienfait d'un Comité d'élite, celui des ressources matérielles. Il voulut, en effet, prendre à la charge de son Département, la taxe des emplacements, le transport et la surveillance des objets ainsi que les frais de voyage et de séjour des ouvrières et des élèves appelées à travailler au Palais de la Femme pendant toute la durée de l'Exposition. C'est ainsi que du 27 avril au 28 octobre, chaque semaine on amena à l'Exposition 44 élèves accompagnées de leurs maîtresses, auxquelles les Sœurs de Saint-Vincent de Paul et les Filles de Croix fournirent le logement et l'entretien, chaque fois qu'il s'agit d'ouvrières étrangères à la ville de Liège.

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Ces sacrifices furent très fructueux. Le Palais de la Femme eut un immense succès. Il porta bien au-delà des frontières la renommée de l'enseignement professionnel et ménager donné aux jeunes filles dans notre chère Patrie et vaudra à la femme belge une réputation mondiale d'industrieuse activité et de miséricordieuse bienfaisance.

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Promis, le prochain, c'est vraiment le pavillon du Canada :D
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Re: Le Canada à l'Exposition universelle de Liége 1905

Messagepar Normand » 28 Mars 2011 13:10

lemog3d a écrit:Le Palais de la Femme et de la Dentelle.

Je me demande si les femmes d'aujourd'hui seraient enchantées d'avoir un pavillon avec un tel nom...
lemog3d a écrit:le sympathique et dévoué Ministre de l'Industrie et du Travail, M. Gustave Francotte,

Il est rarissime ici qu'on parle aujourd'hui avec autant d'égards d'un personnage politique!

Tes images montrent des constructions,pour la plupart,imposantes et solides.À ta connaissance,est-ce que ces édifices ont été démolis après l'exposition?
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Re: Le Canada à l'Exposition universelle de Liége 1905

Messagepar lemog3d » 29 Mars 2011 03:22

Normand a écrit:Je me demande si les femmes d'aujourd'hui seraient enchantées d'avoir un pavillon avec un tel nom...

Pas sûr non plus... et encore, c'est le nom abrégé le plus utilisé, dans le rapport de l'expo, on parle du "Pavillon des Travaux de la Femme" !!!

lemog3d a écrit:Il est rarissime ici qu'on parle aujourd'hui avec autant d'égards d'un personnage politique

Tout dépend souvent de "qui" en parle !
mais ce Francotte a eu l'air d'avoir été apprécié !

Normand a écrit:Tes images montrent des constructions,pour la plupart,imposantes et solides. À ta connaissance,est-ce que ces édifices ont été démolis après l'exposition?

Comme dans la plupart de ces expositions, les vestiges ne sont pas nombreux, les pavillons étant construit en bois et en plâtre...
de cette exposition, il reste le Pont de Fragnée, l'alter ego du Pont Alexandre III de l'expo de 1900 à Paris, le Palais des Beaux-Arts, devenu le MAMAC de Liège, et en bout du Parc de la Boverie, il semble qu'une bonne partie de l'Union Nautique subsiste de l'expo, avec de nombreux ajouts et modifications au fil des années. La passerelle Mativa ou Hennebique.

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Pont de Fragnée

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Palais des Beaux-Arts / MAMAC

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Union Nautique

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Passerelle Mativa

Ainsi que les maisons ouvrières, qui se trouve à Cointe, site de l'Exposition un peu éloigné des autres... où j'irais faire quelques photos la prochaine fois que j'irais !
Ce sont les seuls vestiges... à ma connaissance, mais je suis encore un néophyte concernant cette exposition de Liège !

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Maisons ouvrières.

...il existe à Liège également des vestiges de l'Exposition de 1939... pour celle de 1930, je ne pense pas (en dehors de l'Eglise Saint-Vincent qui n'est pas vraiment un vestige de l'expo) mais c'est celle que je connais le moins.
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Re: Le Canada à l'Exposition universelle de Liége 1905

Messagepar lemog3d » 29 Mars 2011 03:26

Normand a écrit:Je me demande si les femmes d'aujourd'hui seraient enchantées d'avoir un pavillon avec un tel nom...

Pas sûr non plus... et encore, c'est le nom abrégé le plus utilisé, dans le rapport de l'expo, on parle du "Pavillon des Travaux de la Femme" !!!

lemog3d a écrit:Il est rarissime ici qu'on parle aujourd'hui avec autant d'égards d'un personnage politique

Tout dépend souvent de "qui" en parle !
mais ce Francotte a eu l'air d'avoir été apprécié !

Normand a écrit:Tes images montrent des constructions,pour la plupart,imposantes et solides. À ta connaissance,est-ce que ces édifices ont été démolis après l'exposition?

Comme dans la plupart de ces expositions, les vestiges ne sont pas nombreux, les pavillons étant construit en bois et en plâtre...
de cette exposition, il reste le Pont de Fragnée, l'alter ego du Pont Alexandre III de l'expo de 1900 à Paris, le Palais des Beaux-Arts, devenu le MAMAC de Liège, et en bout du Parc de la Boverie, il semble qu'une bonne partie de l'Union Nautique subsiste de l'expo, avec de nombreux ajouts et modifications au fil des années. La passerelle Mativa ou Hennebique.

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Pont de Fragnée

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Palais des Beaux-Arts / MAMAC

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Union Nautique

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Passerelle Mativa

Ainsi que les maisons ouvrières, qui se trouve à Cointe, site de l'Exposition un peu éloigné des autres... où j'irais faire quelques photos la prochaine fois que j'irais !
Ce sont les seuls vestiges... à ma connaissance, mais je suis encore un néophyte concernant cette exposition de Liège !

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Maisons ouvrières.

...il existe à Liège également des vestiges de l'Exposition de 1939... pour celle de 1930, je ne pense pas (en dehors de l'Eglise Saint-Vincent qui n'est pas vraiment un vestige de l'expo) mais c'est celle que je connais le moins.
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Re: Le Canada à l'Exposition universelle de Liége 1905

Messagepar lemog3d » 29 Mars 2011 05:20

Une requête importante concernant le pavillon du Canada,

il s'y trouve répété sur les façades un blason que j'aimerai appréhender... et en trouver une version couleur afin de la reproduire sur la restitution en 3d... quelqu'un peut m'aider ?

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Mais peut-être n'existe-t-il pas "en l'état", et il faut le reconstituer à partir des blasons de chaque province ?

MERCI D'AVANCE :P
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Re: Le Canada à l'Exposition universelle de Liége 1905

Messagepar lemog3d » 08 Avr 2011 01:47

Sixième pavillon,

Le Palais du Canada

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Commissaire général: Colonel W. HUTCHISON.

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Commissaire général adjoint et Secrétaire général: M. J. BRODIE.

Commissaire spécial pour la Province de Québec: le Baron de VEPINE.

Il a obtenu 12 diplômes de grand prix et 1 diplôme d'honneur.


Le Canada a tenu à faire grand et sans exagération ni surcharge apparente, il a réussi; il a tenu à faire beau, et sans grand effort qui trahisse la peine ou la recherche, il a atteint le but.

Il s'est offert le luxe d'un palais, parce qu'il n'avait que des richesses à mettre dedans et le palais couvre 2.000 mètres carrés. Il s'étage superbement, flanqué de quatre tourelles qui s'essorent jusqu'à 22 mètres de haut, tandis qu'une tour de 30 mètres domine l'entrée principale. Sur la façade, il a simplement collé son modeste emblème mais qui est comme le sceau d'un seigneur opulent et fastueux, une feuille d'érable et un castor. Tous deux symbolisent hautement les vertus d'une race hardie et entreprenante, dédaigneuse des obstacles, méprisante des difficultés qui s'épand sur un territoire de six millions de kilomètres carrés et qui appelle à la rescousse tous ceux qui étouffent dans la vieille Europe, rêvent d'horizons infinis dont la borne recule sans cesse.

Et le flot des émigrants roule sur cette terre féconde et luxuriante. Il en vient de partout, des États-Unis qui sont tout proches et des profondeurs de l'Europe; c'est une armée hétéroclite et bigarrée dans laquelle toutes les langues se croisent, tous les idiomes se marient, tous les instincts galopent côte à côte.

Et tout cela va infatigablement, coule éperdument vers ce grenier d'abondance du monde moderne, aux territoires gigantesques fourrés d'une épaisse toison de moissons, tandis que les richesses minières encore vierges d'exploitation attendent dans le mystère de la terre les forces de l'industrie qui les ramèneront à la surface.

Dès l'entrée, c'est un enchantement et une révélation. Il semble qu'un metteur en scène de premier ordre ait disposé ses ressources pour en tirer de jolis effets de théâtre. C'est clair, vif, pimpant, dans une apparence de fête, de cordialité et de bienvenue. Le drap rouge jette des tons de pourpre sur les murs, les gerbes de toutes nuances et de toutes couleurs dessinent des colonnes, sculptent des arches, s'épanchent en guirlandes, s'étirent en festons. On a la sensation d'une richesse surprenante, insoupçonnée et qui éclate brusquement aux yeux comme surgie de derrière un rideau de féerie. Tout cela savamment groupé, admirablement disposé pour des oppositions de teintes, pour des rapprochements de lumières. Chaque province du Canada, de l'Atlantique au Pacifique, est là, drapée dans la somptuosité de son décor original, dans la magnificence de ses produits incomparables, indéfinis, qu'ils viennent des forêts majestueuses que la hache entame à peine, des pêcheries immenses qui sont d'incalculables réservoirs de fortune ou des pâturages du Far-West où la mer d'herbages envahit quarante-cinq millions d'hectares.

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Et l'on ne sait par où commencer cette visite, parce que l'étonnement et l'admiration défaillent à chaque compartiment. Au premier plan, les machines agricoles, superbes et imposantes, font une ceinture à un assortiment éclectique de spécimens de gros gibier: l'élan, le buffle, le caribou, le loup de prairie, tous ces nomades qui ont dû fuir et abandonner la place à la civilisation.

A gauche, l'agriculture trône en reine incontestée. Toutes les herbes fourragères du Canada sont là, massées en bataillons drus et compacts; des échantillons de blé, de seigle, de fèves, etc., dorment dans des bocaux, et pour fond de tableau, seize peintures d'artistes canadiens reconstituent la vie de la ferme, la genèse du travail d'un producteur dix ans durant, tandis que des panneaux surchargés de statistiques, épinglés de renseignements, criblés de notes explicatives édifient une sorte de panorama éloquent et de plaidoyer vivant sur la beauté du climat et la fertilité du sol.

Plus loin, au centre, on arrive aux minerais. Ils s'étalent là dans toute leur gloire, ils accaparent l'attention et la curiosité, se dressent en pyramide de nickel ou de plombagine, de cuivre, d'asbeste ou de phosphate, se campent en échantillons de corindon qui dispute au diamant le record de la dureté, d'aluminium dont le Canada est riche à ne savoir presque qu'en faire, d'argent, de cobalt dont il a des approvisionnements considérables.

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Et voici un pavillon construit en pierres aurifères, quartz, chaléopyrite, sodalite, qui sert de temple à un coffre renfermant 250.000 francs de pépites et de lingots d'or. Cet ensemble exerce sur le passant une fascination particulière, excite une attention respectueuse. On ne saura jamais combien ce vil métal, tant décrié par les poètes, fait rêver de gens!

N'avons-nous pas dit que le Canada a des pêcheries et des forêts dont la renommée est proverbiale? Lacs, fleuves, rivières regorgent de poissons à la chair délectable; forêts ténébreuses et colossales s'enorgueillissent de 123 essences différentes, dont s'étale ici le tableau édifiant.

Et les fruits? L'étage leur sert de domaine, d'empire plutôt. Ces fruits canadiens sont presque irréels. On les dirait pétris dans une belle cire et enluminés par la science d'un retoucheur. Il y a là soixante-quinze variétés de pommes dont la robe a des douceurs de soie et des pâleurs rosées, vraies merveilles qu'on croirait saccager en enfonçant dans leurs quartiers un couteau meurtrier.

Et tout du long de la galerie gelées et confitures de toutes sortes sont rangées en lignes imposantes et originales.

Si le coup d'oeil d'ensemble est d'aspect séduisant par la coquetterie, sereine par le but, tout le détail est ravissant par le goût qu'on a déployé, exquis par la minutie et le souci qui ont présidé à leur installation.

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Il n'y a pas lieu de s'étonner que le Pavillon du Canada ait suscité tant d'éloges et trouvé dans le public aussi chaleureux accueil.

Il était difficile de faire mieux, plus démonstratif, plus méthodique, pour prouver que le Canada a le droit de revendiquer la première place parmi les 48 colonies de l'Empire britannique et qu'il la doit autant à la belle vaillance et à la valeur morale d'un peuple laborieux et agissant qu'à la formidable richesse que la nature s'est plu à accumuler dans ses territoires comme si elle avait voulu en faire une perle du Pacifique.

Sans plus attendre, toujours le Palais du Canada, mais en polygones :

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Re: Le Canada à l'Exposition universelle de Liége 1905

Messagepar lemog3d » 23 Avr 2011 17:12

7ème pavillon

Le Palais des Beaux Arts

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L'EXPOSITION INTERNATIONALE
DES BEAUX-ARTS

La section des Beaux-Arts fut logée le mieux du monde — et d'exceptionnelle façon — en un palais définitif construit sur les plans de M. Charles Soubre, l'éminent architecte liégeois.

Destiné à servir dorénavant de Salle des Fêtes en même temps que de local pour les expositions temporaires, cet édifice constitue le legs le plus important de la défunte Exposition à la Ville de Liège.

Ce Palais des Beaux-Arts, bâti dans le style Louis XVI, occupe une clairière du Parc de la Boverie. Entouré de vieux arbres, dominant le fleuve qui met de chaque côté de ses façades principales une tramée de vie lumineuse en bordures des pelouses et des massifs, tout proche d'un étang dormant où se mirent ses dômes d'ardoise et ses blanches colonnades, il réalise un point de vue des plus heureux. Parmi les nombreux aspects si variés de la récente World's Fair wallonne, il exprime de la sobre élégance et de la distinction nette.

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Le baron de Beeckman de Vieusart avait consenti à assumer — délicate mission pour laquelle son expérience et sa haute compétence le désignaient évidemment — les fonctions de commissaire spécial de la section des Beaux-Arts.

Il avait recruté un état-major qui comptait M. Armand Rassenfosse, le graveur et dessinateur éminent, secrétaire de la Société pour l'encouragement des Beaux-Arts à Liège, MM. Paul Lambotte et Albert van Nieuvenhuyse, secrétaires des Sociétés royales des Beaux-Arts de Bruxelles et d'Anvers.

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Une commission de patronage, présidée par M. le marquis de Beauffort, président de la Société royale des Beaux-Arts de Bruxelles, apportait à cette section l'appui de très nombreuses personnalités compétentes et autorisées.

Deux gouvernements étrangers, deux républiques, la France et les Etats-Unis d'Amérique avaient organisé officiellement des sections dans le compartiment des Beaux-Arts.

Officieusement presque, tous les autres pays renommés par leurs écoles artistiques avaient exposé, en des ensembles distincts, des oeuvres de leurs nationaux. Seules, l'Angleterre et l'Autriche s'étaient malheureusement abstenues de toute participation de cette sorte, mais les Pays-Bas, l'Allemagne, la Russie, l'Italie, l'Espagne, la Bulgarie, avaient leurs salonnets. En outre, des artistes
venus isolément de contrées dont les écoles esthétiques n'avaient pas de représentation
collective, avaient réuni leurs envois en une section internationale. Ces oeuvres, forcément
très disparates, avaient été placées parmi les oeuvres des artistes belges.

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Tandis que chaque pays avait préparé d'avance la sélection des ouvrages destinés à l'Exposition de Liège, le triage des oeuvres dont se composaient le compartiment belge et la section internationale dut se faire sur place au moment de l'aménagement des salles. La besogne du jury d'admission et de placement ne fut pas une sinécure.

L'encombrement du Palais était extrême. Toutes les salles et de nombreuses annexes provisoires dont il fallut l'agrandir devaient servir à l'exhibition des oeuvres d'art. Au milieu des tapissiers, des décorateurs, parmi les caisses pleines et vides, MM. le baron de Beeckman, E. Carpentier, F. Courtens, J. Delvin, Al. Struys, L. Lenain, Ch. Mertens, P. J. Dierckx, L. Frédéric, P. Mathieu, jurés effectifs et suppléants pour la section de peinture et de dessin; MM. G. Devreese, V. Rousseau et Ch. Vinçotte pour la sculpture, J. Brunfaut et Ch. Soubre pour l'architecture évoluèrent non sans peine et s'acquittèrent avec sévérité et éclectisme de la mission épineuse dont ils se trouvaient
investis.
...

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Après avoir fait connaissance avec le Palais des Beaux-Arts, il ne nous reste plus qu'à faire connaissance avec sa version en polygones :

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Re: Le Canada à l'Exposition universelle de Liége 1905

Messagepar lemog3d » 24 Avr 2011 15:28

Les 7 principaux pavillons sont donc terminés de modéliser... mais il a fallu que j'en réalise un supplémentaire, qui allait être vu dans le ride de la caméra. Situé entre le pavillon de la Ville de Liège et le Palais de l'Art Ancien se trouve le pavillon du Photorama des Frères Lumière.

Je ne pensais pas le traiter en 3d pour la bonne et simple raison qu'il est très peu documenté. Que ce soit dans mes archives personnelles ou celle de la Ville de Liège, peu ou pas de documents, de photos ou cartes postales.

Pour éviter de laisser un trou entre les deux pavillons, je l'ai donc réalisé, simplement avec les quelques références. Assez approximatif, la caméra ne s'attardera pas dessus.

En attendant la prochaine étape de mise en textures, voici la modélisation de l'environnement, le Parc de la Boverie, les quelques arbustes, massifs et barrières, avec un arrière-plan d'arbre de début d'expo, sans feuilles... un peu comme lors de ma dernière visite à Liège, dans ce même parc, quelques 106 années après !

Une première série de shoots, d'autres suivront rapidement (avec le pavillon du Canada) :

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Pour terminer, ce fameux pavillon du Photorama.
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Re: Le Canada à l'Exposition universelle de Liége 1905

Messagepar Normand » 25 Avr 2011 17:00

lemog3d a écrit:En attendant la prochaine étape de mise en textures, voici la modélisation de l'environnement, le Parc de la Boverie, les quelques arbustes, massifs et barrières, avec un arrière-plan d'arbre de début d'expo, sans feuilles...

Je vois plusieurs images hivernales.Personnellement,je trouve ça très joli avec la neige propre,toute blanche.
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Re: Le Canada à l'Exposition universelle de Liége 1905

Messagepar lemog3d » 29 Avr 2011 15:55

Hivernales... effectivement, on pourrait le croire sans les textures... ;)

et attendant les versions en couleur, voici les derniers rendus des pavillons du Parc de la Boverie, dans leur environnement... du Palais de l'Art Ancien jusqu'au Palais des Beaux Arts.

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Quand on regarde la vue ci-dessous et l'enfilade des Palais du Parc de la Boverie, cela devait être un ensemble aussi pittoresque que charmant !

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Et pour terminer avec cette série de rendus, des vues à vol d'oiseau, qui permettent d'apprécier le lieu, la pointe du Parc de la Boverie... on imagine le Pont Hennebique-Mativa... et le reste !

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On voit aussi un emplacement vide, celui du Pavillon de la Bulgarie. J'aurais bien aimé le faire, mais je manquais de temps, mais cela posait également un soucis de longueur de film, et de passage de caméra... sauf en terminant par celui-ci et non le Palais des Beaux Arts, ce qui n'était pas envisageable !

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En revanche, on se rend bien compte qu'il était indispensable que je place le Photorama des frères Lumières entre le Palais de la Ville de Liège et le Palais de l'Art Ancien.

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